Une décennie s'est déjà écoulée depuis le début de la crise financière, et pourtant, les actionnaires du secteur financier européen n'ont toujours pas vraiment de quoi se réjouir. Un investissement dans l'indice Stoxx 600 Banks (regroupant les principales actions bancaires européennes) a en effet produit un rendement négatif (évolution de cours + dividendes) de -25,35%, essentiellement parce que les actions bancaires européennes se situent en moyenne seulement à un peu plus de la moitié de leur niveau de 2008. P...

Une décennie s'est déjà écoulée depuis le début de la crise financière, et pourtant, les actionnaires du secteur financier européen n'ont toujours pas vraiment de quoi se réjouir. Un investissement dans l'indice Stoxx 600 Banks (regroupant les principales actions bancaires européennes) a en effet produit un rendement négatif (évolution de cours + dividendes) de -25,35%, essentiellement parce que les actions bancaires européennes se situent en moyenne seulement à un peu plus de la moitié de leur niveau de 2008. Par contraste, l'indice Stoxx 600 a gagné 91% depuis septembre 2008, une différence de plus de 115%.Sur cinq ans, l'écart se chiffre à 42% (rendement de 0,5% pour le Stoxx 600 Banks, contre 42,75% pour le Stoxx 600), et sur 12 mois, les valeurs bancaires affichent un retard de 14% sur le marché global (-12% pour le Stoxx 600 Banks, contre +2% pour le Stoxx 600). Les 44 valeurs qui composent l'indice Stoxx 600 Banks se négocient en moyenne à seulement 0,8 fois la valeur comptable (1,8 fois en moyenne pour celles du Stoxx 600), contre 10 fois le bénéfice escompté pour 2018 (14,5 fois pour le Stoxx 600), et affichent un rendement de dividende brut de 4,8%, contre 3,4% pour l'indice Stoxx 600. Dans une perspective historique, leur valorisation est très faible par rapport à la moyenne du marché.Des valorisations aussi faibles devraient en principe inciter les investisseurs à acheter les yeux fermés. Hélas, force est de constater que les actions bancaires (européennes) ne sont toujours pas des valeurs sûres. Les problèmes du secteur sont loin d'être résolus. L'indice européen est notamment plombé par les banques italiennes, largement sous-capitalisées et dont les bilans affichent encore beaucoup trop de crédits douteux. De même, la rentabilité structurelle du secteur bancaire (européen) a encore baissé depuis la crise financière, les marges se sont érodées et les structures de coûts restent (trop) élevées alors que le potentiel de bénéfices a déjà diminué. Enfin, les Apple et Google de ce monde ne cachent pas leur ambition de se lancer dans le monde bancaire, ce qui constitue un risque supplémentaire.Certes, le potentiel de redressement du secteur est réel à court terme, surtout depuis la sanction (excessivement) sévère qui lui a été infligée ces derniers mois. Mais nous préférons y voir une opportunité d'alléger les positions (trop) importantes en actions bancaires, car nous ne pensons pas que le secteur reprendra des couleurs même à plus long terme.