Loin de nous l'intention de suggérer que nous envisageons l'année boursière 2022 avec crainte ou pessimisme, même si nous évoquions, la semaine dernière, une possible nostalgie vis-à-vis de 2021, marquée par une belle ascension sans réelle correction intermédiaire - une trajectoire assez unique. Seul septembre a été teinté de rouge, comme en 2017 d'ailleurs. Coïncidence ou non, dans les deux cas, c'est la première année du mandat présidentiel: celui de Donald Trump à l'époque, celui de Joe Biden cette fois.
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Loin de nous l'intention de suggérer que nous envisageons l'année boursière 2022 avec crainte ou pessimisme, même si nous évoquions, la semaine dernière, une possible nostalgie vis-à-vis de 2021, marquée par une belle ascension sans réelle correction intermédiaire - une trajectoire assez unique. Seul septembre a été teinté de rouge, comme en 2017 d'ailleurs. Coïncidence ou non, dans les deux cas, c'est la première année du mandat présidentiel: celui de Donald Trump à l'époque, celui de Joe Biden cette fois. La principale différence entre 2021 et 2022, c'est que nous attendons cette année un repli plus long et plus profond, et qu'il y a de fortes chances qu'il survienne assez rapidement. Plusieurs mois, voire un trimestre pourront s'écouler entre le sommet et le plancher, avec une correction qui ne se limiterait pas à 5 à 7%, comme à l'automne dernier, mais atteindrait 10 à 15%. Et il pourrait bien falloir attendre l'automne pour voir les Bourses établir de nouveaux records. Pour autant, l'année boursière 2022 ne sera pas forcément inintéressante. La barre est évidemment placée haut après l'excellent cru 2021, mais nous n'en espérons pas moins une performance (franchement?) positive de la plupart des indices boursiers cette année. En d'autres termes, même le repli imminent n'entraînera pas de renversement de tendance. Nous allons bientôt renouer avec la tendance haussière à laquelle semble abonné le principal marché mondial (les Etats-Unis), où elle dure depuis 2009. Et à l'instar de toutes les précédentes, cette correction devrait avoir été oubliée cet été.Si nous demeurons optimistes, c'est parce que les banquiers centraux resteront l'ennemi des épargnants et des investisseurs en obligations, et non de ceux ciblant d'autres actifs, notamment les actions et l'immobilier. Jerome Powell, à la Réserve fédérale, et Christine Lagarde, à la Banque centrale européenne, allègent certes déjà leurs mesures de soutien et auront mis un terme à leurs rachats d'emprunts au 1er semestre, mais le nombre de hausses de taux d'intérêt en 2022 restera malgré tout limité. L'objectif sera toujours de maintenir les taux d'intérêt (de base) nettement sous l'inflation. Dès lors, il n'y aura pas d'amélioration pour les épargnants et les investisseurs en obligations: ceux-ci continueront de connaître une perte de leur pouvoir d'achat. Les épargnants, qui voient par ailleurs leurs factures d'énergie gonfler, partiront encore plus massivement en quête d'une solution plus rentable. Les liquidités continueront de migrer du revenu fixe vers les actifs plus risqués, comme les actions. Et tant que c'est le cas, la tendance haussière des marchés boursiers se poursuivra et les corrections intermédiaires constitueront autant de (dernières) opportunités d'achat. Aucune raison, donc, d'hésiter, voire de céder massivement des positions dans les mois qui viennent.