Les actions FAANG (Facebook, Apple, Amazon, Netflix, Google) furent, entre le début de 2009 et l'an dernier, l'incarnation de la hausse sur laquelle Wall Street surfait. Elles avaient même poursuivi sur leur lancée quand le reste du marché avait commencé à stagner. Avec des pertes de 24 à 45%, l'inévitable correction fut d'autant plus violente. La nouvelle année ayant apporté son lot de chasseurs d'affaires, les actions FAANG ont nettement rebondi. Les résultats trimestriels d'Apple et, plus encore, de Facebook, ont été bien accueillis.
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Les actions FAANG (Facebook, Apple, Amazon, Netflix, Google) furent, entre le début de 2009 et l'an dernier, l'incarnation de la hausse sur laquelle Wall Street surfait. Elles avaient même poursuivi sur leur lancée quand le reste du marché avait commencé à stagner. Avec des pertes de 24 à 45%, l'inévitable correction fut d'autant plus violente. La nouvelle année ayant apporté son lot de chasseurs d'affaires, les actions FAANG ont nettement rebondi. Les résultats trimestriels d'Apple et, plus encore, de Facebook, ont été bien accueillis. La société-mère de Google est l'action FAANG dont la correction fut la moins violente. Elle est aussi celle qui s'échange au niveau le plus proche du cours record atteint cet été. Ses activités se répartissent en deux branches: Google et les "Other Bets". Google inclut Google Search, YouTube, Google Maps et Android; Google Cloud est le troisième service cloud mondial après ceux d'Amazon (AWS) et de Microsoft (Azure). Google héberge enfin une activité Matériel, laquelle englobe notamment Google Home (enceintes audio intelligentes) et Google Nest (domotique). Les Other Bets comprennent entre autres les voitures autonomes (Waymo), l'intelligence artificielle (DeepMind) et les services de paiement.Alphabet tire l'essentiel de son chiffre d'affaires (CA) de la publicité. Les Other Bets sont pour l'heure déficitaires sur le plan opérationnel. Les résultats du 4e trimestre sont mitigés. Le CA a bondi de 21,5%, à 39,3 milliards de dollars, ce qui est supérieur au consensus (39 milliards). A 8,9 milliards, le bénéfice net a lui aussi surpassé les attentes (le 4e trimestre de 2017 s'était achevé sur une perte due à une charge fiscale non récurrente). Les baisses d'impôts et le portefeuille d'investissements ont permis de clore le trimestre sur un bénéfice en hausse. Le bénéfice opérationnel a progressé de 7%, à 8,2 milliards de dollars, soit 5% de moins que les prévisions. En cause: l'envolée des dépenses - les investissements en recherche et développement, par exemple, se sont accrus de 40%, faisant reculer la marge opérationnelle de 2,8% en glissement annuel. La direction se fait fort de stabiliser les dépenses d'investissement cette année.Avec sa filiale Amazon Web Services (AWS), le groupe est actif dans le très vigoureux segment cloud. La boutique en ligne contribue à concurrence de 55% au CA consolidé. La vente de produits de tiers prend à son compte près de 20% du CA, AWS, 11%. Depuis l'acquisition du détaillant WholeFoods, Amazon possède également des magasins physiques.Amazon a affiché, ces trois derniers exercices, une impressionnante croissance et des hausses de plus de 30% de son CA. L'on sait, depuis la publication des résultats trimestriels précédents, que la croissance va accuser un léger recul, du moins à court terme - la direction entend accroître les investissements et préfère la croissance à long terme au bénéfice immédiat. Le CA a gagné 20%, à 72,4 milliards de dollars, au 4e trimestre, soit un demi-milliard de dollars de plus que le consensus. Sur l'ensemble de l'exercice, il a grossi de 31%, à 232,9 milliards. Les bénéfices ont dépassé les prévisions de 3 milliards de dollars. Le CA d'AWS a bondi à 7,4 milliards de dollars en glissement annuel (+45%, consensus: 7,3 milliards). La croissance moyenne s'est établie à 47%, pour un CA de 44,7 milliards de dollars. Parce qu'elle dope ses marges bénéficiaires, AWS revêt une importance majeure pour Amazon. Les activités cloud affichent en effet une marge opérationnelle de 28%, contre une marge opérationnelle consolidée de 5,3% en moyenne en 2018. Les marges des activités de détail sont traditionnellement faibles; de nouveaux investissements dans AWS sont donc nécessaires à l'accroissement de la rentabilité du groupe.Peut-être peu connu encore, l'américain Netflix n'en est pas moins coté en Bourse depuis 2002. Il a commencé par louer des DVD, avant de proposer des vidéos à la demande. Sa croissance n'a véritablement démarré qu'en 2010, quand il s'est ouvert aux services de streaming. Fin 2018, Netflix comptait près de 140 millions d'abonnés payants dans le monde (majoritairement américains), contre 110 millions un an plus tôt. Le groupe a achevé l'exercice sur un CA de 15,8 milliards de dollars, contre 11,7 milliards en 2017. Son bénéfice net a plus que doublé, à 1,2 milliard de dollars. Le streaming concurrence véritablement la télévision classique puisque le consommateur veut de plus en plus pouvoir choisir ce qu'il regarde, où et quand. Le succès de l'activité dépend par conséquent énormément du contenu proposé; les productions propres coûtant très cher, il faut disposer d'une assise financière importante pour réussir dans ce segment.Netflix a consommé 3 milliards de dollars de liquidités l'an dernier. Les cash-flows disponibles devraient être négatifs à concurrence de 3 milliards cette année encore et aucune amélioration n'est à prévoir avant 2022. L'exercice 2018 s'est achevé sur un endettement de 10,4 milliards de dollars, alors que les liquidités s'établissaient à 3,8 milliards. A 10%, la marge opérationnelle est plutôt faible. La direction espère la porter à 13% cette année; l'augmentation tarifaire récemment annoncée aux Etats-Unis et les révisions précédemment opérées au Japon et en Amérique latine doivent y aider. Les nouvelles affiliations ont agréablement surpris au 4e trimestre, mais les prévisions pour le trimestre en cours déçoivent légèrement. Le nombre d'utilisateurs doit pourtant continuer de croître - les coûts liés au contenu étant fixes, l'amélioration des bénéfices ne peut venir que de là. JP Morgan pronostique plus de 200 millions d'utilisateurs payants d'ici à 2021. Le potentiel reste immense, surtout dans les marchés émergents, où tout reste à faire en termes de stabilité des connexions Internet.