Trafique-t-on les chiffres? Les experts avançaient pour le mois de juillet 180.000 emplois neufs aux États-Unis. Un nombre identique à leurs prévisions précédentes. D'après les chiffres publiés, on aurait créé 292.000postes, également une estimation, largement au-dessus des prévisions donc. Il en a été de même pour le mois de mai. À la publication en juin, le pays avait créé 287.000emplois neufs. Le mois suivant, lors de la première révision, ce nombre est tombé à 38.000. Aujourd'hui, il n'est plus que de 11.000! Comment peut-on encore se fier à de telles statistiques? Serait-il possible qu'à l'approche des élections présidentielles on trafiquât quelque peu les chiffres?
...

Trafique-t-on les chiffres? Les experts avançaient pour le mois de juillet 180.000 emplois neufs aux États-Unis. Un nombre identique à leurs prévisions précédentes. D'après les chiffres publiés, on aurait créé 292.000postes, également une estimation, largement au-dessus des prévisions donc. Il en a été de même pour le mois de mai. À la publication en juin, le pays avait créé 287.000emplois neufs. Le mois suivant, lors de la première révision, ce nombre est tombé à 38.000. Aujourd'hui, il n'est plus que de 11.000! Comment peut-on encore se fier à de telles statistiques? Serait-il possible qu'à l'approche des élections présidentielles on trafiquât quelque peu les chiffres?Comme prévu, la Banque d'Angleterre a abaissé son taux directeur de 0,25%, le ramenant à 0,25%. Elle a en outre lancé son programme Term Funding Scheme (TFS) de 100milliards de livres (GBP) destiné au système bancaire anglais. Les banques pourront obtenir des fonds pourvu qu'elles les transmettent sous forme de crédits aux entreprises et aux ménages. Il est hors de question que les banques puissent les utiliser à des fins personnelles. De plus, le gouverneur Mark Carney a précisé qu'il ne baisserait jamais les taux sous le zéro.Le secteur bancaire anglais est content. Il utilisera d'une manière ou d'une autre ces largesses nouvelles, sans trop se préoccuper des conditions qui lui sont assorties. Les fonds de pension et autres institutionnels, par contre, déchantent. Ils font déjà face à un manque de 945milliards GBP et ont signalé qu'une baisse de 0,25% des taux d'intérêt augmenterait ce manque de 70milliards. Ils craignent que plusieurs fonds disparaîtront dans le courant de l'année prochaine. La Banque ne les a manifestement pas écoutés.Contrairement à ce que de nombreux économistes prétendent, ces mesures ne produiront pas les effets escomptés. Tout d'abord parce que la baisse est trop petite pour changer le comportement des gens. Ensuite, parce que l'octroi de plus de crédits n'améliorera pas la conjoncture, comme on le voit présentement en Europe et au Japon. Pour que le crédit participe à la relance, il faut obligatoirement que la confiance en l'avenir revienne. Or les mesures annoncées n'y contribueront pas. Les banques centrales ne semblent toujours pas avoir compris qu'une économie ne peut pas fonctionner exclusivement sur le crédit. Le TFS permettra à la Banque d'écumer les titres industriels disponibles sur le marché et, comme le fait la Banque centrale européenne, d'abaisser artificiellement les taux d'intérêt. Seules les entreprises de première importance profiteront de l'aubaine.Pis, ces mesures risquent même d'aggraver la situation. Quiconque contracte un crédit doit être en mesure de le rembourser. Cela suppose la présence d'un flux de trésorerie favorable qui ne peut émaner que de la livraison de services ou de productions. Sans quoi tout crédit devient une ponction parasitaire sur les avoirs existants. C'est d'ailleurs ce qui s'est déroulé jusqu'à présent: seules les banques occidentales ont profité des largesses exorbitantes.Aussi longtemps que les pays souffrant d'une stagnation économique n'osent pas distribuer de l'argent directement aux ménages, leur économie ne se redressera jamais. En Grande-Bretagne, d'aucuns avaient espéré que la Banque d'Angleterre agirait de la sorte. Leur déception fut immense. Des aides financières par voie fiscale seraient une option tout aussi efficace, car le but est d'augmenter le pouvoir d'achat des ménages. Or cette piste n'est suivie par aucun gouvernement actuellement, surtout pas le britannique. Contre toute attente, les obligations à long terme en GBP ont perdu du terrain. Seuls les titres d'État ont légèrement progressé. À court terme, en revanche, la hausse des taux était manifeste. La GBP a de nouveau cédé du terrain et a clôturé la semaine en baisse de 0,5% par rapport à l'euro (EUR). Le mouvement a toutefois été freiné par l'amélioration supposée de l'embauche aux États-Unis.Le marché des changes n'a pas seulement été secoué par les dispositions prises par certaines banques centrales (l'anglaise et l'australienne, principalement), il a dû aussi s'adapter à quelques décisions économiques et politiques. Le dollar (USD) n'a pas profité de l'amélioration de l'embauche aux États-Unis. Il a perdu 0,4% face à l'EUR. Les dispositions financières décidées par le gouvernement nippon, en revanche, ont propulsé le yen (JPY) 1,9% vers le haut. La Banque centrale australienne a réduit son taux directeur de 0,25%, à 1,5%, son plus bas niveau historique. Elle espère ainsi accélérer la reprise plutôt faiblarde du pays, qui souffre de la chute des prix des matières premières. La mesure y a été nettement mieux accueillie que celle de l'Angleterre: le dollar (AUD) s'est redressé de 1,5%.Les tensions politiques en Afrique du Sud ont pesé sur le rand (ZAR), qui a oscillé en fonction de l'évolution de la situation au sein du parti ANC au pouvoir. Il a terminé la semaine en hausse de 3,1%. Le réal brésilien (BRL), soumis à des tensions similaires, a gagné 2,75% du fait d'une demande accrue de BRL en raison des Jeux Olympiques. Le redressement temporaire du prix du baril a eu une influence positive sur la couronne norvégienne (NOK) et le rouble (RUB). Ils ont progressé respectivement de 1,1 et 2,3%.Les obligations industrielles ont partout gagné du terrain depuis que les banques centrales ont annoncé qu'elles en achèteraient davantage. En EUR, les titres souverains européens à long terme ont reculé. En USD, c'étaient les industrielles à long terme qui perdaient du terrain. En GBP, la baisse annoncée a eu un effet pervers. On dénombrait en effet trois fois plus de titres orientés à la baisse qu'inversement. Les reculs sont toutefois restés modiques.Le marché primaire reste submergé d'émissions industrielles d'envergure. La semaine dernière, c'était au tour de Microsoft de lancer pour 19,75milliards USD de nouvelles obligations, le troisième montant le plus élevé de l'histoire. L'accueil a cependant été mitigé. Il est vrai que les émissions se succèdent beaucoup trop vite. Ce sont d'ailleurs les institutionnels, essentiellement les fonds de pension, qui les achètent en priorité. Ils en utilisent les revenus dégagés par les coupons. La solidité de ces titres laisse toutefois à désirer, surtout dans un environnement où la croissance fait défaut.Les petits porteurs n'ont toujours rien d'appétissant à se mettre sous la dent. Mercedes-Benz (A-) en AUD est trop modique pour mériter une recommandation. L'émission en JPY s'adresse aux institutionnels. La BERD (AAA, supranationale) lance un emprunt dans une nouvelle devise, le dram arménien (1AMD vaut 0,0019EUR). La devise n'est pas librement convertible. Partant, toute transaction se dénoue en USD. Déconseillé. ING Bank (A+) émet un coupon nul de type allemand: émis au pair (100%) et remboursé à 280,679% au bout de 30ans, ce qui lui assure un rendement de 3,5%. L'emprunt est remboursable annuellement à un prix lui garantissant un rendement constant. BNP Paribas (A) en EUR s'adresse aux institutionnels et est déconseillée.