Moult entreprises s'attellent à développer un vaccin, qui pourrait être disponible à la mi-2021. D'autres cherchent fébrilement, parmi la pharmacopée existante, des traitements utilisables dans l'intervalle. Parmi elles, le spécialiste en infectiologie Gilead Sciences se distingue effectivement. Il a annoncé, fin février, le lancement de deux essais cliniques avec le remdesivir, un antivirus qui s'était à l'époque révélé inefficace contre l'E...

Moult entreprises s'attellent à développer un vaccin, qui pourrait être disponible à la mi-2021. D'autres cherchent fébrilement, parmi la pharmacopée existante, des traitements utilisables dans l'intervalle. Parmi elles, le spécialiste en infectiologie Gilead Sciences se distingue effectivement. Il a annoncé, fin février, le lancement de deux essais cliniques avec le remdesivir, un antivirus qui s'était à l'époque révélé inefficace contre l'Ebola. Les premiers résultats sont attendus dès avril et les tests réalisés à petite échelle sont encourageants. Cette annonce a propulsé l'action à 84 dollars, son plus haut niveau depuis deux ans. Il est, ceci dit, impossible de savoir si le remdesivir sera retenu et dans l'affirmative, dans quelle mesure les résultats de la biotech américaine en seront influencés. Ce serait en tout cas une aubaine pour elle, qui n'a rien mis sur le marché depuis plusieurs années. La franchise VIH lui a certes permis d'acter une croissance de 1%, à 22,45 milliards de dollars, de ses ventes l'an dernier; mais c'était la première fois que son chiffre d'affaires (CA) augmentait depuis 2015, année où il avait atteint le niveau record de 32,6 milliards de dollars, dont 19,1 milliards grâce à la franchise hépatite C. Gilead poursuit sa quête de nouveaux pôles de croissance. Elle a acquis en 2017 Kite Pharma, un des leaders de la thérapie cellulaire CAR-T (immunologie du cancer). Après quelques transactions mineures, elle a annoncé, début mars, l'acquisition de Forty Seven, pour 4,9 milliards de dollars. Si Forty Seven est prometteuse, elle n'a encore rien commercialisé, si bien que son rachat ne résoudra pas l'absence de croissance dans l'immédiat. Les analystes misent pour 2020 sur un CA de 22,27 milliards de dollars et un bénéfice net de 6,47 dollars par action. D'autres acquisitions viendront sans doute renforcer les fondements d'un nouveau cycle de croissance, dont une part importante devrait provenir du partenariat avec Galapagos, qui prendra effet cette année avec la commercialisation du filgotinib pour l'indication rhumatismale. Nous restons positifs mais vu la récente flambée du cours, le conseil d'achat (rating 1B) s'applique plutôt dans une perspective de long terme.