Le prix de la livre de café a déjà reculé de plus de 20% cette année. Sur les douze derniers mois, il a abandonné près de 30%. Pour retrouver des prix inférieurs, il faut revenir près de cinq ans en arrière (novembre 2013), et avant cela, à la fin 2008. La tendance baissière a été engagée fin 2016, où chaque résistance a cédé.
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Le prix de la livre de café a déjà reculé de plus de 20% cette année. Sur les douze derniers mois, il a abandonné près de 30%. Pour retrouver des prix inférieurs, il faut revenir près de cinq ans en arrière (novembre 2013), et avant cela, à la fin 2008. La tendance baissière a été engagée fin 2016, où chaque résistance a cédé.Et pourtant, la demande de café ne cesse d'augmenter. Sa consommation évolue parallèlement au taux de croissance de la population et au niveau de prospérité. Les statistiques de l'Organisation internationale du café (OIC) révèlent qu'on en a consommé dans le monde en moyenne 2,2% de plus par an de 2013 à 2017. Si l'Europe compte le plus de débouchés, elle déplore une croissance de la consommation de café (1,2%) inférieure à la moyenne. En Asie, la croissance moyenne est de 4,2%, par exemple. Le Brésil (arabica) et le Vietnam (robusta) sont, et de loin, les deux plus grands fournisseurs, qui s'adjugent ensemble plus de la moitié de la production mondiale. Malgré l'hiver plus sec que la normale dans l'hémisphère nord, le Brésil peut encore compter sur de bonnes récoltes. Le Vietnam également. L'OIC pronostique une production de 158,56 millions de sacs (de 60 kilos) pour l'année de récoltes actuelle, soit légèrement moins (-0,3%) que l'an dernier.La principale explication à cette baisse de prix réside dans le niveau faible du réal brésilien. Celui-ci compense la baisse du prix en dollar pour les agriculteurs au Brésil, principal exportateur. Et la suroffre mine encore les cours du café. Cependant, le réal a cédé déjà 15% face au dollar, cette année, et s'échange à proximité de son plancher de 2015. Par ailleurs, un nombre record de spéculateurs a pris des positions short (ils misent sur un repli de cours) sur le café. A court terme, il n'est pas à exclure que les cours du café corrigent encore. Mais la baisse ne pourrait être que limitée car pour un nombre croissant de fournisseurs, le prix du marché est inférieur au coût de production, une situation qui n'est pas tenable. Tous ces éléments suggèrent qu'une inversion de la tendance est probable.Les investisseurs peuvent miser sur une hausse du prix du café au travers de trackers ou de produits à effet de levier. Dans la première catégorie, nous recommandons aux investisseurs européens l'ETFS Coffee, émis par WisdomTree. Dans la seconde, les trois turbos longs que propose actuellement l'émetteur Commerzbank.