À l'issue d'une réunion de l'OPEP tenue récemment à Vienne, on a appris qu'il ne serait pas décidé avant janvier s'il y a lieu de maintenir la réduction de la production pétrolière. Selon l'Arabie Saoudite notamment, nous sommes à mi-parcours dans le processus de suppression de la suroffre des marchés pétroliers internationaux. La décision de réduire la production de 1,8 million de barils par jour a été prise il y a près d'un an, et en mai, l'accord a été prolongé jusqu'à fin mars 2018. L'OPEP a le soutien de plusieurs autres producteurs pétroliers non membres de l...

À l'issue d'une réunion de l'OPEP tenue récemment à Vienne, on a appris qu'il ne serait pas décidé avant janvier s'il y a lieu de maintenir la réduction de la production pétrolière. Selon l'Arabie Saoudite notamment, nous sommes à mi-parcours dans le processus de suppression de la suroffre des marchés pétroliers internationaux. La décision de réduire la production de 1,8 million de barils par jour a été prise il y a près d'un an, et en mai, l'accord a été prolongé jusqu'à fin mars 2018. L'OPEP a le soutien de plusieurs autres producteurs pétroliers non membres de l'organisation, dont la Russie, qui prennent part à l'effort collectif. De l'avis général des producteurs, il était encore trop tôt pour décider de ce qui se passerait après mars de l'an prochain. Le prix du baril de Brent (Mer du Nord) se situe à présent entre 55 et 60 dollars, ce qui représente plus de 25% de plus qu'en juin et le niveau le plus élevé de ces deux dernières années. Logique, dès lors, que le sentiment soit plus positif qu'il y a plusieurs mois. Il serait prématuré pour autant de s'enthousiasmer. Il est tout à fait possible que la production doive être limitée plus longtemps pour que le cours pétrolier puisse demeurer à son niveau actuel. Au cours des dernières années en effet, un " éléphant " a pénétré dans le " magasin de porcelaine ", en l'occurrence les États-Unis ont modifié l'ordre pétrolier mondial. Malgré une réduction de moitié du prix du baril par rapport à 2014, on prévoit que la production pétrolière américaine atteindra un nouveau sommet en 2018, aux alentours de 10 millions de barils quotidiens.Cette évolution confirme que la production de pétrole de schiste a bel et bien changé la donne dans le secteur pétrolier. Seule la baisse drastique du prix de l'or noir en 2014-2015 est parvenue pendant un moment à interrompre la hausse de la production de pétrole de schiste américaine, mais les dégâts furent tels au sein des pays de l'OPEP que cette situation ne pouvait durer. Un redressement du prix vers 55 à 60 dollars suffit pour porter la production américaine à des niveaux record.Il y a quelques mois, nous prévoyions un redressement du prix du baril à 55 dollars, et ajoutions que le cap des 60 dollars relevait davantage de l'utopie. Nous sommes toujours de cet avis. Le marché reste par ailleurs bien trop pessimiste quant aux perspectives des groupes de services pétroliers. Les rachats des participations pétrolières du groupe danois Maersk par Total (dont coût : 7,5 milliards de dollars) et précédemment du groupe norvégien Songa Offshore par Transocean (dont coût : 3,4 milliards de dollars) démontrent qu'il y a encore des opportunités à saisir dans le secteur. Nous avons déjà renforcé notre position dans Transocean cet été, et il est possible que nous ajoutions l'une ou l'autre position dans cette thématique de l'énergie.