Pour la énième fois ces dix dernières années, les marchés financiers européens ont traversé la tourmente la semaine dernière. L'euro perd du terrain vis-à-vis du dollar et d'autres monnaies, et le "spread" (différentiel de taux; le terme a fait son grand retour dans l'actualité) entre le Bund allemand et les obligations souveraines de pays du sud de l'Europe a augmenté brutalement. Cette fois, c'est la crise politique en Italie qui inquiète économistes et investisseurs.
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Pour la énième fois ces dix dernières années, les marchés financiers européens ont traversé la tourmente la semaine dernière. L'euro perd du terrain vis-à-vis du dollar et d'autres monnaies, et le "spread" (différentiel de taux; le terme a fait son grand retour dans l'actualité) entre le Bund allemand et les obligations souveraines de pays du sud de l'Europe a augmenté brutalement. Cette fois, c'est la crise politique en Italie qui inquiète économistes et investisseurs. La période de gloire de l'euro est révolue. Pendant plus d'un an, la monnaie unique européenne a pu se distinguer grâce à des perspectives enfin favorables, reposant sur une croissance économique et une stabilité politique dans tous les pays. Or cet optimisme était quelque peu prématuré: le populisme et l'euroscepticisme n'ont pas été vaincus. Pour preuve, la situation dans la troisième économie d'Europe, qui est d'ailleurs l'un des membres fondateurs de l'Union européenne (UE), l'Italie. Son président, Sergio Mattarella, était certes parvenu à empêcher la nomination de l'eurosceptique Paolo Savona au ministère des Finances, mais il a été contraint d'accepter, vendredi dernier, la formation d'un gouvernement "aventureux", constitué des populistes du Mouvement Cinq Etoiles (M5S) et de la Ligue, le parti anti-migrants. Un gouvernement qui ne veut surtout plus obéir à la politique économique de l'UE, et à la recherche de l'équilibre budgétaire. Et dire que la plupart des observateurs s'attendaient à voir cette année les Bourses européennes rattraper une partie de leur retard par rapport aux marchés américains! Pour notre part, nous n'en étions plus convaincus depuis quelques mois, principalement au vu de l'absence de mastodontes de croissance en Europe - à Wall Street, ceux-ci ne manquent pas. Ces dernières années, la hausse des indices américains a surtout été portée par des valeurs comme les FAANG, soit Facebook, Amazon, Apple, Netflix et Google (Alphabet). Ce n'est pas du jour au lendemain que l'Europe comptera des entreprises de ce gabarit. A cela s'ajoutent l'instabilité politique et un sérieux conflit commercial. Car Donald Trump ne limite pas ses droits à l'importation (25% pour l'acier et 10% pour l'aluminium) à son "ennemi" (la Chine), il les impose aussi à ses "amis" (UE, Canada et Mexique). Mais voyons le verre à moitié plein: pour de nombreuses entreprises européennes, le redressement du dollar vis-à-vis de l'euro est une bénédiction. Dans ce contexte de comédie politique - aux Etats-Unis et en Italie -, nous ne tenons plus pour acquis un retour des indices Euro Stoxx 50 et Stoxx 600 à leur plus haut niveau de ces cinq dernières années. Le scénario demeure néanmoins possible. Pour rejoindre ces sommets, le premier indice devrait se hisser à 3.800 points, le second à 400-420 points.