Depuis plusieurs semaines, les investisseurs prennent leurs bénéfices, sur fond de revue à la baisse des perspectives de croissance de la Chine, le plus grand consommateur de cuivre. Mais en dépit du ralentissement de la croissance chinoise, la demande de cuivre demeure forte et ne devrait pas diminuer de façon spectaculaire de sitôt. Le métal est, outre un matériau essentiel dans le cadre de la transition énergétique, largement utili...

Depuis plusieurs semaines, les investisseurs prennent leurs bénéfices, sur fond de revue à la baisse des perspectives de croissance de la Chine, le plus grand consommateur de cuivre. Mais en dépit du ralentissement de la croissance chinoise, la demande de cuivre demeure forte et ne devrait pas diminuer de façon spectaculaire de sitôt. Le métal est, outre un matériau essentiel dans le cadre de la transition énergétique, largement utilisé dans les secteurs recourant aux semi-conducteurs et des infrastructures; Joe Biden, le président des Etats-Unis, a approuvé récemment un programme d'un milliard de dollars pour la construction et la modernisation de routes, de ponts et de stations de recharge pour véhicules électriques.L'International Copper Study Group (ICSG) prévoit un déficit de cuivre de 42.000 tonnes cette année. Lequel entraînerait un excédent d'offre de 328.000 tonnes en 2022. L'organisme s'attend aussi à une forte reprise de la production minière. Au cours des quatre dernières années, seuls deux nouveaux grands projets de cuivre ont été lancés, mais d'ici à fin 2022, cinq nouveaux projets devraient être opérationnels. L'institut d'études de marché CRU est moins optimiste que l'ICSG quant à la nouvelle production, et pronostique, lui, un excédent de l'ordre de 100.000 à 200.000 tonnes en 2022. La banque d'affaires Goldman Sachs table pour sa part sur un déficit de 189.000 tonnes en 2022. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, compte tenu de la taille du marché (25 millions de tonnes), ces perspectives ne diffèrent que de quelques pour cent.Très peu de cuivre est disponible sur le London Metals Exchange et sur le Shanghai Futures Exchange: de quoi couvrir les besoins mondiaux durant une semaine à peine. Cela dit, ces niveaux de stocks officiels n'intègrent pas les quantités de cuivre faisant l'objet de constructions financières. Le marché du cuivre est en déport (situation de "backwardation", dans le jargon): les contrats à livraison immédiate sont plus chers que ceux à terme à échéance longue. Autrement dit, le marché s'attend à une baisse du prix du métal rouge. A son prix actuel, nous ne recommandons pas de prendre de nouvelles positions.