Nous ne nous précipiterons pas pour analyser les conséquences du résultat de l'élection présidentielle américaine sur les marchés boursiers. Souvenons-nous qu'il y a quatre ans, la victoire surprise de Donald Trump avait été pour le moins mal accueillie; or durant l'année qui avait suivi, Wall Street avait connu une période faste. Autre raison à cette prise de distance: plus que les chefs de gouvernement, ce sont les banquiers centraux qui régissent le monde financier. Leurs décisions pèsent beaucoup plus lourd que celles du locataire de la Maison-Blanche.
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Nous ne nous précipiterons pas pour analyser les conséquences du résultat de l'élection présidentielle américaine sur les marchés boursiers. Souvenons-nous qu'il y a quatre ans, la victoire surprise de Donald Trump avait été pour le moins mal accueillie; or durant l'année qui avait suivi, Wall Street avait connu une période faste. Autre raison à cette prise de distance: plus que les chefs de gouvernement, ce sont les banquiers centraux qui régissent le monde financier. Leurs décisions pèsent beaucoup plus lourd que celles du locataire de la Maison-Blanche.Si nous ne ressentons pas pleinement les effets de la grave crise économique dans laquelle nous a plongés la crise sanitaire, c'est grâce aux interventions musclées des autorités politiques et monétaires. Comme la crise du coronavirus plombe la dette publique, les Etats, faisant fi de la politique d'austérité, sont contraints de s'appuyer davantage encore qu'auparavant sur les banques centrales. La crise bancaire avait fait naître les taux zéro et donné lieu à d'importantes mesures d'assouplissement monétaire (assouplissement quantitatif, soit ces rachats massifs de titres de dettes aux acteurs financiers); la crise sanitaire pourrait, elle, aboutir à un contrôle de la courbe des taux et à une remontée de l'inflation. Nous sommes en pleine "répression financière 2.0": l'épargnant a perdu ces 10 dernières années 13% de son pouvoir d'achat (100 euros n'en valent plus que 87), et le mouvement pourrait s'accélérer encore. Certes, quand la situation financière de l'émetteur d'obligations se détériore, le taux d'intérêt accordé augmente, parce que les acquéreurs exigent une rémunération plus élevée en échange du risque accru. Mais ce principe ne s'appliquera pas aux obligations souveraines: la considérable dégradation des finances publiques ne se reflétera pas dans les taux, ni aujourd'hui, ni demain. Car les banques centrales empêcheront, au besoin au travers de mesures d'assouplissement quantitatif illimitées, que les taux partent à la hausse. S'il le faut, elles les fixeront, exerçant de la sorte un contrôle sur leur courbe. Parce que si les pays devaient s'acquitter de taux d'intérêt élevés sur leur colossale dette publique, leur économie s'effondrerait.Dès que la crise sanitaire, et les turbulences que connaissent peut-être les Etats-Unis à l'heure où vous lisez ces lignes, seront calmées, un nombre croissant de personnes préféreront investir à épargner - elles délaisseront en d'autres termes les produits à revenu fixe, comme le compte d'épargne et les obligations, au profit des actions. Gardons cela à l'esprit, si les Bourses chutent au cours des semaines qui viennent. Ces corrections offriront d'après nous d'intéressantes opportunités d'achat à l'horizon 2021-2022; il sera alors temps d'aller puiser dans la trésorerie.