Il est plus que probable que le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi annoncera le 26 octobre prochain le coup d'envoi du " tapering ", la réduction du montant mensuel alloué au rachat d'obligations. De l'avis de nombreux économistes et stratèges, le programme de rachats d'actifs (60 milliards d'euros affectés chaque mois au rachat d'obligations - jusqu'à la fin de cette année, en principe) ne se justifie plus. Les économies européennes connaissent en effet le redressement le plus durable de la décennie, m...

Il est plus que probable que le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi annoncera le 26 octobre prochain le coup d'envoi du " tapering ", la réduction du montant mensuel alloué au rachat d'obligations. De l'avis de nombreux économistes et stratèges, le programme de rachats d'actifs (60 milliards d'euros affectés chaque mois au rachat d'obligations - jusqu'à la fin de cette année, en principe) ne se justifie plus. Les économies européennes connaissent en effet le redressement le plus durable de la décennie, même dans des pays " fragiles " comme l'Italie. La BCE le reconnaît également, et a relevé les prévisions de croissance pour la zone euro lors de sa dernière réunion du 7 septembre. Elle n'évoque plus depuis un certain temps son objectif d'inflation de 2%, qu'elle n'est pas encore parvenue à atteindre. Mais elle élude probablement le sujet en raison de l'imminence des élections parlementaires en Allemagne. Les marchés vont cependant continuer à conjecturer. Tout comme il y a quelques années, lorsque la Réserve fédérale (Fed) avait annoncé qu'elle démarrerait son tapering. Les commentaires à cet égard formulés par le président de la Fed à l'époque, Ben Bernanke, avaient causé plus de remous sur les marchés que ceux causés par le premier relèvement de taux. Même constat à présent avec l'euro face au dollar, mais aussi à d'autres devises. Alors que presque tout le monde pensait en début d'année que nous allions évoluer vers la parité euro/dollar, l'euro a gagné 14% par rapport au billet vert, et nous en sommes à 1,2 dollar pour un euro. Ce qui rend la mission de Draghi plus complexe encore. Il a admis que le renchérissement de l'euro soulevait certaines inquiétudes, car il est une menace pour l'objectif d'inflation. L'euro fort rend en effet les importations moins coûteuses, et freine donc l'inflation. C'est un argument qui entrera en ligne de compte dans le rythme de réduction du programme de rachats. D'ailleurs, quand y aura-t-il une première réduction et de quel montant ? Et la BCE proposera-t-elle également d'autres mesures ? La Banque devra sans nul doute aussi être attentive aux attentes des marchés, qui seront plus précises au fil des semaines.Le Jour J approche, et l'incertitude grandissante qui précède ce type d'événement peut constituer un argument ou prétexte pour acter les bénéfices engrangés ou pour ne pas prendre de position. Nous maintenons notre thèse d'un repli limité au cours des prochaines semaines. Draghi peut cependant aussi être le catalyseur du redressement, comme cela fut déjà le cas à plusieurs reprises par le passé.