Certains de nos lecteurs nous demandent parfois si les actions japonaises sont intéressantes. Nous savons pourquoi ils formulent cette question. Entre fin 2012 et début 2015, en l'espace d'un peu plus de deux ans, le principal baromètre de la Bourse japonaise, l'indice Nikkei, s'est hissé d'environ 8000 à 18.000 points. Une hausse spectaculaire de 125%, qui doit cependant être considérée dans une perspective de long terme, dans la mesure où ce même indice Nikkei avait atteint, en 1989, un sommet historique à 39.000 points. Malgré la hausse vertigineuse des deux dernières années, nous n'en sommes donc qu'à la moitié du niveau attein...

Certains de nos lecteurs nous demandent parfois si les actions japonaises sont intéressantes. Nous savons pourquoi ils formulent cette question. Entre fin 2012 et début 2015, en l'espace d'un peu plus de deux ans, le principal baromètre de la Bourse japonaise, l'indice Nikkei, s'est hissé d'environ 8000 à 18.000 points. Une hausse spectaculaire de 125%, qui doit cependant être considérée dans une perspective de long terme, dans la mesure où ce même indice Nikkei avait atteint, en 1989, un sommet historique à 39.000 points. Malgré la hausse vertigineuse des deux dernières années, nous n'en sommes donc qu'à la moitié du niveau atteint il y a un quart de siècle. D'autre part, nous pourrions en conclure que dans ce contexte, le potentiel d'appréciation demeure réel. Par rapport à la Bourse japonaise, les analystes occidentaux semblent d'ailleurs loin du consensus... Hyperoptimistes et éternels pessimistes s'opposent. Les premiers, qui prévoient une hausse ultérieure de la Bourse japonaise, épinglent la valorisation toujours faible et donc intéressante des actions japonaises, la croissance escomptée des résultats opérationnels et l'augmentation de la pondération des actions au sein des fonds de pension japonais. Les seconds dénoncent les fondamentaux peu solides de l'économie japonaise et l'échec prévisible des " Abenomics ". Abenomics : ça passe ou ça casse !Abenomics ou Abenomie est un mot-valise (Abe et économie) se référant à la politique économique prônée par Shinzo Abe. Fin 2012, celui-ci est revenu au pouvoir avec la ferme intention d'extraire le pays du Soleil Levant de la dépression et de la déflation structurelle chroniques. Pour y parvenir, il devait notamment ramener le taux d'inflation sous 2%. La mesure qui a le plus séduit le marché boursier japonais fut celle de l'assouplissement quantitatif (QE). La Bank of Japan a mis en oeuvre le double du QE de la Federal Reserve en termes de PIB. En octobre 2014, le montant injecté a encore été accru à 80.000 milliards de yens (JPY) par an. Mais l'utilisation de cet arsenal monétaire a donné lieu à une chute libre du JPY. En outre, Abenomics contenait également un plan visant une augmentation des dépenses publiques et plusieurs réformes structurelles. L'un des points d'achoppement était l'augmentation des taxes sur la consommation (TVA) et en l'occurrence, leur relèvement de 5 à 8% a donné lieu à une nouvelle récession. En d'autres termes, cette année, Abenomics passera ou cassera. Le Japon abrite la population la plus vieillissante au monde, et son nombre est en régression : prévision de 125 à 95 millions d'habitants d'ici à 2050 et 40% de la population âgée de plus de 65 ans. Qui plus est, le pays accuse la dette publique la plus lourde (plus de 230% du PIB). Ces dernières semaines, nous percevons des signes de fatigue en Bourse japonaise. L'échec de la hausse de la taxe sur la consommation peut constituer un point d'inflexion et incite à la prudence. Nous ne vous conseillerions pas d'investir au Japon pour l'heure. En 2015, évitez les actions japonaises et américaines. Actez vos bénéfices et réinvestissez dans des valeurs européennes et, de manière sélective, dans les marchés émergents.