Quel bilan tirer de l'année 2018 pour l'économie néo-zélandaise et le NZD?

L'économie néo-zélandaise est en meilleure santé encore que sa voisine australienne. La dette est marginale, le budget, excédentaire et la croissance a de quoi faire des jaloux: de 4% l'an dernier, elle devrait fluctuer aux alentours de 3% sur une base annuelle ces trois prochaines années. L'économie dépend dans une large mesure de l'agriculture (viande, bois, fruits, pêche et, surtout, produits laitiers); si l'industrie laitière n'est plus aussi florissante depuis quelques années en raison de l'essouffl...

L'économie néo-zélandaise est en meilleure santé encore que sa voisine australienne. La dette est marginale, le budget, excédentaire et la croissance a de quoi faire des jaloux: de 4% l'an dernier, elle devrait fluctuer aux alentours de 3% sur une base annuelle ces trois prochaines années. L'économie dépend dans une large mesure de l'agriculture (viande, bois, fruits, pêche et, surtout, produits laitiers); si l'industrie laitière n'est plus aussi florissante depuis quelques années en raison de l'essoufflement de la demande étrangère, la perte de devises est largement compensée par l'accélération du tourisme.Comme son grand frère australien (l'AUD), le dollar néo-zélandais a cédé du terrain au troisième trimestre de cette année. Il se redresse toutefois spectaculairement depuis la mi-octobre. La banque centrale avait pourtant progressivement abaissé son taux directeur, de 3,5% à la mi-2015 à 1,75% actuellement. En raison de sa liquidité limitée, elle-même due à la taille relativement réduite de l'économie du pays, le NZD est plus volatil que l'AUD. En outre, les exportations reposent pour moitié environ sur les produits agricoles (le lait, surtout, à nouveau) et l'industrie laitière exerce une influence certaine sur le cours du change.L'inflation s'est établie à 1,1% au premier trimestre de 2018 et à 1,5% au deuxième, pour aller jusqu'à atteindre 1,9% au troisième. Quel pays ne rêverait-il pas de tels chiffres? Aucun relèvement de taux n'est à prévoir - la banque centrale a d'ailleurs fait savoir qu'elle maintiendrait son taux directeur à 1,75% au moins jusqu'en 2020. L'annonce a certes pesé sur la monnaie, du moins jusqu'à la mi-octobre. L'institution a pourtant abaissé, de 3,1 à 2,6%, ses prévisions de croissance pour 2019. La confiance des entrepreneurs s'est dégradée et les demandes de permis de bâtir sont en net recul. Le gouvernement a en effet annoncé un train de mesures visant à décourager les investissements étrangers - ainsi les étrangers ne peuvent-ils plus acquérir de biens immobiliers, entre autres.Le dollar néo-zélandais a grimpé de 2% depuis le début de l'année. La banque centrale paraissant satisfaite, aucune appréciation sensible de la devise n'est à prévoir, d'autant qu'il n'est pas à exclure que la Chine en vienne à réduire ses achats de produits agricoles. Le différentiel de taux (2%) par rapport à des obligations comparables en euros fait du dollar néo-zélandais une bonne source de diversification; nous n'investirions toutefois pas pour l'heure beaucoup plus que 5% du portefeuille.