L'économie néo-zélandaise est actuellement l'une des économies développées les plus dynamiques au monde. L'OCDE prévoit une croissance de 3,5% en 2016, contre 3% en 2014 et 2015. En cause: d'importants flux migratoires, un boom immobilier et un tourisme florissant. La reconstruction toujours en cours de Christchurch - la troisième ville de Nouvelle-Zélande - après les tremblements de terre dévastateurs de 2015 soutient également l'économie.
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L'économie néo-zélandaise est actuellement l'une des économies développées les plus dynamiques au monde. L'OCDE prévoit une croissance de 3,5% en 2016, contre 3% en 2014 et 2015. En cause: d'importants flux migratoires, un boom immobilier et un tourisme florissant. La reconstruction toujours en cours de Christchurch - la troisième ville de Nouvelle-Zélande - après les tremblements de terre dévastateurs de 2015 soutient également l'économie. Le dollar néo-zélandais profite de ces succès économiques et affiche un gain de 8% face à l'euro et de plus de 5% face au dollar depuis le début de l'année. Les baisses de taux persistantes de la Banque centrale néo-zélandaise ne semblent pas pouvoir freiner l'appréciation de la monnaie jusqu'à présent. L'OCDE prévoit à nouveau une croissance supérieure à 3% l'an prochain, qui devrait ensuite ralentir à 2,6% en 2018. L'effet des investissements publics dans la reconstruction de Christchurch diminue lentement, et la migration va retomber à un tiers du niveau actuel. Le tourisme (surtout asiatique) et la récente hausse du cours du lait devraient en revanche soutenir la croissance. Malgré une économie intérieure diversifiée, le pays reste largement tributaire des exportations de produits agricoles (qui représentent la moitié des exportations totales), en particulier des produits laitiers vers la Chine. L'augmentation de la dette des ménages est un phénomène plus inquiétant. Les taux bas obligent les Néo-Zélandais à s'endetter de plus en plus pour financer l'achat de maisons de plus en plus chères. La banque centrale tente de refroidir le marché immobilier en imposant des limitations aux montants qui peuvent être empruntés, sans beaucoup de succès jusqu'à présent. Une correction du marché immobilier pourrait peser sur la consommation privée et le secteur de la construction - deux piliers importants de la croissance. La banque centrale néo-zélandaise met tout en oeuvre pour s'opposer à l'appréciation du dollar kiwi. Le taux à court terme a été abaissé à trois reprises cette année, chaque fois de 25 points de base. Il a ainsi diminué de moitié en un an et demi, passant de 3,5 à 1,75%. Plusieurs baisses des taux pourraient suivre, car malgré la croissance soutenue, l'inflation reste inférieure à 1%. La baisse des taux sur les obligations kiwi affecte la rentabilité du "carry-trade" - qui consiste à emprunter dans une monnaie bon marché (comme yen japonais) pour investir dans des monnaies à haut rendement, comme le dollar kiwi. Or le carry-trade fut un facteur non négligeable dans la bonne tenue dollar néo-zélandais ces dernières années. Ajoutez-y la hausse des taux aux États-Unis, et il y a des chances que le dollar kiwi perde du terrain face au dollar américain en 2017. Une nouvelle diminution du différentiel de taux avec l'euro - la BCE ne touche plus à ses taux pour l'instant - pourrait également éroder les gains enregistrés vis-à-vis de la monnaie unique.