Quel bilan tirer de l'année 2018 pour l'économie canadienne et le CAD?

Sur divers fronts, la situation est bien plus rose au Canada qu'en Europe. Le budget est quasiment à l'équilibre et le déficit public atteint à peine 30% du produit intérieur brut (PIB). Le Canada détient la troisième réserve mondiale de pétrole en importance. Grâce à la hausse du cours de l'or noir et la vigueur conjoncturelle de ses principaux partenaires commerciaux, son économie a crû de près de 3% en 2018. Après avoir brièvement augmenté, l'inflation s'établit actuellement à 2,44%. En 2017, la banque centrale canadienne avait, pour la première fois en sept ans, relevé ses taux à court ...

Sur divers fronts, la situation est bien plus rose au Canada qu'en Europe. Le budget est quasiment à l'équilibre et le déficit public atteint à peine 30% du produit intérieur brut (PIB). Le Canada détient la troisième réserve mondiale de pétrole en importance. Grâce à la hausse du cours de l'or noir et la vigueur conjoncturelle de ses principaux partenaires commerciaux, son économie a crû de près de 3% en 2018. Après avoir brièvement augmenté, l'inflation s'établit actuellement à 2,44%. En 2017, la banque centrale canadienne avait, pour la première fois en sept ans, relevé ses taux à court terme. Cinq nouveaux tours de vis ont été donnés en 2018 et le taux s'élève désormais à 1,75%, son plus haut niveau depuis 2009.2018 a été une année agitée sur le plan du commerce international. Le président américain Donald Trump a voulu mettre un terme à l'accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Heureusement pour le Canada, un nouvel accord été négocié in extremis: l'AEUMC, pour Accord Etats-Unis Mexique Canada (USMCA en anglais). Cet accord commercial est crucial pour le Canada, dont trois quarts des exportations sont destinés aux Etats-Unis. Le soulagement suscité par sa signature a immédiatement permis au dollar canadien (CAD), qui avait piqué du nez en début d'année, de s'apprécier. Un euro vaut actuellement quelque 1,50 CAD, comme début 2018.La Banque du Canada relève ses taux plus lentement que la Réserve fédérale américaine, ce qui entretient la faiblesse du huard par rapport au billet vert. Mais un CAD faible offre tout de même des avantages: les exportations canadiennes sont moins chères et les touristes plébiscitent le Canada.Washington a récemment proposé de supprimer les droits de douane supplémentaires sur les métaux. C'est un superbe cadeau pour l'économie canadienne, qui souffre de la pénurie de main-d'oeuvre et des mutations technologiques très gourmandes en capital. Malgré les tensions commerciales et la hausse des taux, l'expansion conjoncturelle devrait rester soutenue en 2019. La croissance attendue du PIB est d'environ 2%. Le pays exploite actuellement au maximum son capital et connaît une situation de plein emploi.Une obligation en CAD offre un rendement de 2 à 2,5% supérieur à celui d'une obligation comparable en EUR. En 2009 aussi, le dollar canadien restera un choix attrayant pour les investisseurs: c'est une devise assez stable, dont le cours fluctue dans une fourchette étroite comprise entre 1,5 et 1,6 CAD par EUR - et la donne ne devrait pas changer. Jusqu'à fin 2018, la Banque du Canada a vu sa marge de manoeuvre réduite par les incertitudes suscitées par le conflit commercial avec les Etats-Unis. Celles-ci sont désormais levées, et la banque centrale devrait poursuivre le relèvement des taux, ce qui étayera la monnaie canadienne. Selon nous, cette dernière ne devrait toutefois pas faire meilleure figure que l'euro. Face à l'USD, le CAD devrait évoluer dans une fourchette comprise entre 75 en 80 cents en 2019.