Quel bilan tirer de l'année 2018 pour l'économie australienne et l'AUD?

Entre 1975 et 2007, l'Australie n'a eu que quatre Premiers ministres, ce qui montre à quel point elle était stable à l'époque. Mais la situation s'est nettement détériorée depuis. En dix ans, le pays en est à son septième dirigeant et aucun des six qui l'ont précédé n'a achevé son mandat. L'économie est pourtant extrêmement performante et la dette publique, ridiculement faible. L'impasse politique ne saurait donc contraster davantage avec la conjoncture, resplendissante de santé depuis 25 ans. Le pays achève l'exercice sur une croissance qui fluctue autour de 3%. Ses richesses naturelles semblent quasi...

Entre 1975 et 2007, l'Australie n'a eu que quatre Premiers ministres, ce qui montre à quel point elle était stable à l'époque. Mais la situation s'est nettement détériorée depuis. En dix ans, le pays en est à son septième dirigeant et aucun des six qui l'ont précédé n'a achevé son mandat. L'économie est pourtant extrêmement performante et la dette publique, ridiculement faible. L'impasse politique ne saurait donc contraster davantage avec la conjoncture, resplendissante de santé depuis 25 ans. Le pays achève l'exercice sur une croissance qui fluctue autour de 3%. Ses richesses naturelles semblent quasi inépuisables; la production et l'exportation de charbon, de minerai de fer, de gaz naturel et d'or génèrent revenus et prospérité qui permettent à leur tour à l'Etat d'investir généreusement, notamment dans l'infrastructure. L'affaiblissement du dollar australien face à l'euro est donc très peu lié aux fondamentaux économiques, remarquablement solides. Il a du reste entraîné une hausse des exportations. La devise est en revanche tributaire des turbulences politiques. Contrairement aux Etats-Unis, le pays n'a pratiqué aucun relèvement de taux en 2018; son taux directeur reste donc fixé à 1,50%.La banque centrale table sur une croissance d'environ 3%, sinon plus, en 2019, grâce surtout à la robustesse du marché du travail. La consommation s'accélère, sous l'effet conjugué des créations d'emplois et de l'allégement de la fiscalité, entre autres. Les investissements continuent à augmenter, surtout dans les secteurs non miniers. Parce qu'elle alourdit la dette des ménages, la hausse des prix de l'immobilier constitue cependant un facteur à surveiller. Le phénomène pèse considérablement sur la consommation privée, qui représente quelque 57% du produit intérieur brut; de nombreux ménages doivent puiser dans leurs économies et emprunter pour conserver leur niveau de vie.L'accélération de l'économie mondiale et la dépréciation de l'AUD soutiennent les exportations. L'inflation est conforme à l'objectif de la banque centrale (2 à 3%). Aucun relèvement de taux ne devrait être opéré avant le deuxième semestre de 2019.L'Australie fait partie des pays notés AAA. La dette publique est faible et n'évoluera sans doute pas significativement en 2019. L'AUD est cependant très sensible à l'évolution de l'économie chinoise (la Chine est un grand partenaire commercial de l'Australie, surtout pour les matières premières) et c'est là que se situe le risque - tout affaiblissement de l'économie chinoise est en effet immédiatement ressenti de l'autre côté de l'océan. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles les Australiens ne sont pas favorables à une monnaie exagérément forte, qui pénaliserait les exportations, cruciales pour eux. Les relèvements de taux ne constitueront donc pas un soutien pour l'économie. Nous sommes dès lors partisans d'un investissement limité en AUD. Seul le différentiel de taux, d'environ 2%, par rapport aux obligations en euro, pourrait constituer un argument pour certains investisseurs.