Malgré la conjoncture incertaine, l'économie américaine est demeurée raisonnablement stable cette année. Mais minée par le conflit commercial engagé par Donald Trump contre la Chine, l'activité industrielle a accusé un net recul en septembre. Heureusement pour les Etats-Unis, leur secteur tertiaire pèse beaucoup plus lourd que leur industrie; reste que la croissance des services a elle aussi ralenti en septembre, pour atteindre son ...

Malgré la conjoncture incertaine, l'économie américaine est demeurée raisonnablement stable cette année. Mais minée par le conflit commercial engagé par Donald Trump contre la Chine, l'activité industrielle a accusé un net recul en septembre. Heureusement pour les Etats-Unis, leur secteur tertiaire pèse beaucoup plus lourd que leur industrie; reste que la croissance des services a elle aussi ralenti en septembre, pour atteindre son niveau le plus bas depuis trois ans. La croissance de l'emploi marque également le pas. Quant au dollar, il n'a quasiment pas cessé de s'apprécier face à l'euro depuis le début de l'année 2018. Les signaux inquiétants ne manquent certes pas et l'inversion de la courbe des taux (les taux courts sont désormais supérieurs aux taux longs) ne laisse rien présager de bon. Cela ne signifie toutefois pas qu'une récession soit à craindre dans les 12 mois: il faudrait pour cela que la croissance économique soit négative, ce qui est loin d'être le cas. L'économie américaine devrait même progresser de 2% environ, l'an prochain. Donald Trump voulant absolument être réélu, il fera tout pour ne pas lui nuire. Il est d'ailleurs vraisemblable que la Federal Reserve, la banque centrale américaine, décide d'abaisser une fois encore, pour la soutenir, son taux directeur. L'occupant de la Maison-Blanche n'est pas partisan d'une appréciation du billet vert, qui pèserait sur une économie déjà considérablement affaiblie. L'on peut même penser qu'il mettra tout en oeuvre pour que le contraire se produise. Cela fait longtemps que la Banque centrale européenne mène une politique accommodante, articulée autour de taux d'intérêt de plus en plus bas et d'un (nouveau) programme de rachats massifs d'obligations. Les Etats-Unis n'ont plus aucun intérêt à ce que leur devise soit beaucoup plus forte que l'euro ou les monnaies asiatiques: leurs balances commerciale et des paiements sont dans le rouge depuis des années et leurs dette et déficit publics ne cessent de s'alourdir. Il est donc très possible qu'après avoir affiché une santé insolente pendant une période relativement longue, le dollar soit, à plus ou moins brève échéance, orienté à la baisse.