Le dollar américain a montré deux visages depuis le début de la crise du coronavirus. Fin février, il a chuté dès lors qu'il est devenu évident que le virus ne se cantonnerait pas à la Chine. L'indice dollar (DXY), qui compare la valeur de la devise à celle de six autres, est tombé à son plus bas niveau en près d'un an et demi. En mars cependant, on a assisté à une ruée vers la devise américaine et l'indice s'est hissé de 94 à 103. Ces dernières semaines, le bille...

Le dollar américain a montré deux visages depuis le début de la crise du coronavirus. Fin février, il a chuté dès lors qu'il est devenu évident que le virus ne se cantonnerait pas à la Chine. L'indice dollar (DXY), qui compare la valeur de la devise à celle de six autres, est tombé à son plus bas niveau en près d'un an et demi. En mars cependant, on a assisté à une ruée vers la devise américaine et l'indice s'est hissé de 94 à 103. Ces dernières semaines, le billet vert s'est apprécié quelque peu et l'indice a fluctué autour de 100.Un certain nombre de signaux indiquent que le cours du dollar pourrait à nouveau baisser. Par exemple, le différentiel de taux d'intérêt par rapport à d'autres grands blocs monétaires (zone euro, Japon) a presque complètement disparu depuis que la banque centrale américaine (Fed) a fixé le taux d'intérêt à court terme à zéro. Après frais de hedging, les obligations d'Etat américaines ne rapportent plus rien non plus aux investisseurs étrangers. Par ailleurs, le manque de liquidité du dollar soutenait son cours, mais la Fed y a remédié en donnant l'ordre au gouvernement d'imprimer autant d'argent que nécessaire pour financer les mesures monétaires et fiscales. En dehors des Etats-Unis, on note une pénurie de dollars causée par une diminution des exportations et donc des revenus en dollar, alors que les dettes en dollar doivent être remboursées. La Fed résout ce problème en concluant des accords d'échanges avec d'autres banques centrales. En outre, l'économie américaine traverse une période difficile. Les Etats-Unis sont particulièrement touchés par l'épidémie de coronavirus et plus de 26 millions d'emplois y ont été perdus au cours des cinq dernières semaines. Les élections présidentielles prévues cet automne aux Etats-Unis constituent un autre facteur d'incertitude, de nature à affaiblir le dollar.Les principales paires de devises sont l'EUR/USD, l'USD/JPY et le GBP/USD. Les investisseurs qui anticipent un repli du dollar peuvent donc se positionner longs sur l'euro ou la livre sterling face au dollar ou courts sur le rapport dollar/yen japonais, notamment au travers de turbos.Pour miser sur une baisse du dollar, l'on peut aussi envisager de parier sur une hausse des cours des métaux précieux. L'or et l'argent sont en effet deux refuges en concurrence avec d'autres devises.