Contre toute attente, le dollar américain n'a pas brillé en 2017, tant s'en faut. La Banque centrale américaine (Fed) relève pourtant ses taux depuis deux ans déjà.
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Contre toute attente, le dollar américain n'a pas brillé en 2017, tant s'en faut. La Banque centrale américaine (Fed) relève pourtant ses taux depuis deux ans déjà. L'économie américaine et les marchés financiers supportent bien les augmentations de taux. L'économie enregistre une croissance stable, et le chômage ne baisse pas trop rapidement ; il n'y a donc pas de dérapage salarial et l'inflation reste modérée. La politique de Donald Trump, pas toujours claire pour les investisseurs, a parfois tendance à effrayer les marchés financiers. Cela dit, l'économie américaine reste la plus grande du monde - plus grande encore que l'économie chinoise. Le secteur des services fournit trois quarts du produit intérieur brut (PIB) et emploie quatre Américains sur cinq. Pour les taux et les marchés obligataires, 2018 ne devrait pas être synonyme de grands bouleversements. Les émissions américaines continuent à susciter un vif engouement. Les pays émergents, surtout, les acquièrent massivement. Leur intérêt pour les obligations freinera peut-être la hausse des taux longs aux États-Unis. Si les économies émergentes gagnent en maturité, les marchés financiers ne suivent pas : les investisseurs qui ont de l'argent, beaucoup d'argent, n'ont donc pas énormément d'autres solutions que le dollar s'ils veulent mettre leurs avoirs à l'abri. Les indicateurs macro-économiques récemment publiés font état d'une croissance de 3% du PIB américain au troisième trimestre. L'accélération aurait pu être plus marquée si les projets de rénovation des infrastructures et d'allègement de la fiscalité des sociétés n'avaient pas subi d'importants retards. La brusquerie avec laquelle le président Trump tente de faire avancer ces dossiers se heurte régulièrement à une résistance politique - ce qui pourrait du reste éviter à l'économie américaine de montrer des signes de surchauffe dès l'an prochain. Ce risque diminue désormais. Trois relèvements de taux sont à nouveau prévus en 2018. Pour le dollar américain, monnaie d'investissement par excellence, c'est une bonne chose. Malgré les relèvements pratiqués cette année, le billet vert a faibli. En septembre, il s'affichait même en baisse de 10% face à l'euro par rapport au début de l'année. Il est arrivé que les Américains aient à débourser 1,20 dollar pour un euro. Le dollar a légèrement rebondi depuis, et pourrait continuer à se redresser au cours des prochains mois - en direction de 1,15 dollar pour un euro, ce qui correspond à une résistance cruciale pour lui. Si ce niveau n'est pas atteint, la tendance baissière par rapport à l'euro sera confirmée et un affaiblissement progressif du billet vert durant toute l'année 2018 fera partie des scénarios envisageables. Mais son évolution dépendra notamment des faits et gestes de Trump en 2018. Celui-ci va-t-il se heurter à des problèmes politiques ? Comment va-t-il gérer les relations avec la Corée du Nord ? Ses projets fiscaux accéléreront-ils la croissance ou auront-ils pour seul effet de creuser le déficit budgétaire ?