Quel bilan tirer de l'année 2018 pour l'économie américaine et l'USD?

La Banque centrale américaine (Fed) a continué à remonter régulièrement son taux directeur, une stratégie que Donald Trump critique pourtant abondamment. Pour la Fed, néanmoins, ce resserrement progressif de la politique monétaire permet d'éviter à l'économie américaine de surchauffer sans tomber en récession. A ce jour, l'opération est une réussite.
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La Banque centrale américaine (Fed) a continué à remonter régulièrement son taux directeur, une stratégie que Donald Trump critique pourtant abondamment. Pour la Fed, néanmoins, ce resserrement progressif de la politique monétaire permet d'éviter à l'économie américaine de surchauffer sans tomber en récession. A ce jour, l'opération est une réussite.Si les élections de mi-mandat ont permis au parti républicain de Donald Trump de conserver sa majorité au Sénat, la Chambre des représentants est désormais aux mains des démocrates. Espérons qu'ils réussissent à empêcher l'adoption de nouvelles mesures de réduction d'impôts, qui aggraveraient d'autant le déficit budgétaire. En tout état de cause, le dollar se porte mieux. Il avait entamé l'exercice 2018 en position de relative faiblesse: au début du mois de février, il fallait débourser 1,25 dollar pour un euro; plus tard dans l'année, le meilleur rapport fut de 1,12 dollar pour un euro. L'économie américaine progresse depuis plus de neuf ans et devrait poursuivre sur sa lancée l'an prochain encore, bien qu'à un rythme (beaucoup) moins soutenu. Et, c'est vrai: les signaux d'alarme ne manquent pas. Nombre de dirigeants d'entreprise s'inquiètent des conséquences qu'aurait une guerre commerciale et estiment un protectionnisme excessif nuisible à l'économie américaine. Cela dit, la plupart des économistes se montrent plutôt optimistes, même si une écrasante majorité d'entre eux craignent effectivement un ralentissement de la croissance, qui passera de 2,9% cette année à 2,6% l'an prochain et à 1,9% en 2020. Nous n'excluons toutefois pas la possibilité d'assister à une chute plus marquée en 2019. Le taux de chômage se situera ces trois prochaines années entre 3,5 et 3,7%, et l'inflation se stabilisera à proximité des 2% visés. Cela fait longtemps déjà que l'économie américaine se porte sensiblement mieux que l'économie européenne. Plus faibles que prévu, la croissance de la zone et l'inflation en son sein pèsent sur la monnaie unique. La Banque centrale européenne n'est donc pas sur le point de remonter son taux directeur. Le dollar s'est apprécié de 5% environ face à l'euro cette année. La plupart des spécialistes s'accordent pour dire que, porté par les hausses de taux escomptées pour 2019, il devrait continuer à progresser. Reste qu'à mesure que les perspectives d'un refroidissement de l'économie en 2020 se concrétisent, les remontées de taux ne devraient pas être nombreuses en 2019 - si tant est qu'il y en ait - et que l'on pourrait même aller jusqu'à assister à de nouvelles diminutions. L'accélération de l'inflation constitue pour l'heure un élément disruptif. Alors qu'elle avait atteint, en octobre 2015, un plancher (0,171%), l'inflation s'est désormais hissée à un niveau beaucoup plus acceptable de 2,5%. Compte tenu du sommet qu'atteindront les taux américains et des amorces de resserrement ailleurs, il est très probable que le dollar s'affaiblisse l'an prochain.