Le prix du sucre est retombé, cet automne, à son niveau le plus bas depuis 2008. En cause, essentiellement: la suroffre sur le marché mondial et la faiblesse du réal brésilien (BRL). Maints pays protègent leur marché national au moyen de tarifs d'importation élevés ou de prix minimum garantis supérieurs à ceux en vigueur à l'international. Les Etats-Unis appliquent des taxes à l'importation, l'Inde, des prix minimum, à quoi s'ajoutent des subsides à l'exportation. L...

Le prix du sucre est retombé, cet automne, à son niveau le plus bas depuis 2008. En cause, essentiellement: la suroffre sur le marché mondial et la faiblesse du réal brésilien (BRL). Maints pays protègent leur marché national au moyen de tarifs d'importation élevés ou de prix minimum garantis supérieurs à ceux en vigueur à l'international. Les Etats-Unis appliquent des taxes à l'importation, l'Inde, des prix minimum, à quoi s'ajoutent des subsides à l'exportation. La suppression des quotas de production dans l'Union européenne a elle aussi contribué à la suroffre.Mais prix du sucre et BRL se sont redressés au dernier trimestre de 2018. L'issue des élections au Brésil a permis d'espérer une embellie économique - un effet positif qu'a toutefois en grande partie contrebalancé la chute des prix de l'énergie; or le Brésil transforme en éthanol une partie de sa récolte de sucre.Le cours du sucre a désormais atteint son plus haut niveau depuis le début du mois de novembre. Les mauvaises conditions climatiques menaçant d'hypothéquer les récoltes de l'Inde, deuxième producteur mondial, les volumes disponibles pour l'exportation vont être moins importants - l'objectif initial, fixé à 5 millions de tonnes sur l'année de récoltes 2018-2019 (jusqu'à fin septembre), ne sera pas atteint. Les prévisions de récoltes au Brésil ont elles aussi été revues à la baisse ces dernières semaines.Le Brésil devrait produire, durant cette année de récoltes, 32,2 milliards de litres d'éthanol, soit près de 19% de plus qu'au cours de l'année précédente - un record. L'International Sugar Organisation prévoit une offre excédentaire de 2,2 millions de tonnes sur l'année de récoltes en cours (contre 7,3 millions de tonnes, toutefois, l'an dernier, l'écart est donc considérable). La volatilité du cours du pétrole et les récoltes records en Thaïlande, quatrième producteur mondial, pèsent sur les prévisions à court terme. L'évolution du BRL fait partie des paramètres à surveiller.Il est possible de miser sur une hausse du cours au travers des produits à effet de levier de Commerzbank, qui propose des turbos sur le sucre. L'investisseur qui préfère les trackers peut se tourner vers l'ETFS Sugar, qui s'échange sur le Xetra allemand (ticker: OD7R, code ISIN: DE000AOKRJ85); les frais de gestion s'élèvent à 0,54% par an et la liquidité est suffisante.