Cet envol tient d'une part à la hausse de la demande mondiale depuis la reprise de l'économie, à celle des coûts de production par suite d'un manque de personnel durant la crise sanitaire, à celle des prix de l'énergie et aux goulets d'étranglement logistiques. Et d'autre part, à des éléments classiques influant sur son prix, comme la météo, la politique ou la spéculation. Les Etats-Unis, 3e producteur de coton derrière l'...

Cet envol tient d'une part à la hausse de la demande mondiale depuis la reprise de l'économie, à celle des coûts de production par suite d'un manque de personnel durant la crise sanitaire, à celle des prix de l'énergie et aux goulets d'étranglement logistiques. Et d'autre part, à des éléments classiques influant sur son prix, comme la météo, la politique ou la spéculation. Les Etats-Unis, 3e producteur de coton derrière l'Inde et la Chine et 1er exportateur de la matière première, ont connu une longue période de sécheresse au Texas, grande zone de production. En Inde, la saison de la mousson a été moins humide que la normale. Par ailleurs, Joe Biden n'est pas revenu sur la décision qu'avait prise Donald Trump d'interdire l'importation de coton et de vêtements provenant de la province chinoise du Xinjiang. Par conséquent, les entreprises chinoises qui veulent vendre leurs textiles aux Etats-Unis doivent importer du coton, le transformer, puis l'exporter. Ce qui en soutient les prix. Par ailleurs, les investisseurs spéculatifs, qui inversent leurs positions short, contribuent à la hausse des cours du coton. La plupart des groupes textiles travaillant avec des contrats d'achat à long terme, ils ne ressentent la hausse des prix que des mois après qu'elle est survenue. Mais ils ne sont plus aussi dépendants du coton qu'autrefois: ils recourent toujours plus aux fibres synthétiques. En outre, leur pouvoir de fixation des prix est beaucoup plus important qu'il y a 10 ans. En août, les prix des vêtements avaient augmenté en moyenne de 4,3%, aux Etats-Unis. Les investisseurs qu'intéresse le marché à terme doivent tenir compte de la structure des prix des contrats à terme. La courbe des prix est très raide, le marché est en déport - les contrats à échéance longue sont moins chers que ceux à livraison immédiate. Pour preuve: actuellement, le contrat prévoyant la livraison d'une livre de coton en décembre 2021 coûte 1,064 dollar; pour une livraison en décembre 2023, 0,799 dollar. Le marché suppose donc que les prix du coton ne resteront pas élevés indéfiniment et que la situation se normalisera à nouveau.