Alors que le gouvernement américain est partiellement paralysé par le shutdown, l'Europe s'inquiète des conséquences du Brexit, imminent. Les marchés financiers détestent l'incertitude, or ces derniers temps, ils sont servis... ce qui rend une hausse boursière robuste et durable quasi impossible. Il y a un an, les opérateurs voyaient la vie en rose: grâce au phénomène de croissance synchrone (expansion simultanée dans toutes les régions du monde), un mot qui était sur toutes les lèvres, l'Union européenne semblait appelée à connaître une longue période de croissanc...

Alors que le gouvernement américain est partiellement paralysé par le shutdown, l'Europe s'inquiète des conséquences du Brexit, imminent. Les marchés financiers détestent l'incertitude, or ces derniers temps, ils sont servis... ce qui rend une hausse boursière robuste et durable quasi impossible. Il y a un an, les opérateurs voyaient la vie en rose: grâce au phénomène de croissance synchrone (expansion simultanée dans toutes les régions du monde), un mot qui était sur toutes les lèvres, l'Union européenne semblait appelée à connaître une longue période de croissance (modérée). C'était compter sans Donald Trump, qui s'est mis en tête de régler ses comptes avec la Chine, et sans l'accession au pouvoir des partis extrémistes Cinq étoiles et Ligue du Nord en Italie, avec, peu après, la mise en place d'un gouvernement anti-establishment et la contestation de la discipline budgétaire imposée par l'Europe. Ces deux phénomènes ont rapidement anéanti le rêve d'un essor conjoncturel durable dans nos contrées. Les dernières statistiques allemandes évoquent désormais un autre scénario: celui d'une économie qui tend plutôt vers la récession (soit deux trimestres successifs de croissance négative).Dans ce contexte, il est permis de se demander si les économies européennes pourront tolérer une incertitude de plus. Sans surprise, la Première ministre Theresa May a subi une sévère déconvenue au Parlement sur son projet d'accord avec l'Union européenne. A ce stade, personne ne sait comment les choses vont évoluer.A l'inverse de ce qui s'était produit après le référendum sur le Brexit, fin juin 2016, où les partisans d'une sortie de l'Union avaient totalisé 52% des voix, semant une vague de panique en Bourse, le marché, qui prévoyait le refus des parlementaires, n'a pas réagi de manière excessive. Quoi qu'il en soit, il est clair désormais que l'incapacité politique à transposer dans la pratique le résultat du référendum aura de plus en plus de répercussions au niveau économique. Le dernier record de la décennie pour l'indice Stoxx 600, la référence des marchés boursiers européens, remonte au printemps 2015 - cela fera bientôt quatre ans, donc. Les taux sont certes extrêmement faibles, mais les incertitudes politiques et économiques ne créent pas un climat favorable à une ascension solide et durable des Bourses européennes. En outre, la perspective d'une victoire populiste aux élections européennes de la fin mai vient compliquer le tableau. Aucun indice ni argument ne permet dès lors de valider le scénario d'une surperformance (sensible) des Bourses européennes par rapport aux autres grands marchés boursiers à brève échéance. Cela ne signifie pas que nous ne puissions pas espérer de redressement au cours des mois à venir, mais l'année 2019 ne devrait pas, tant s'en faut, être un cru exceptionnel pour les marchés européens.