Grâce à la Coupe du monde de football, c'est le président russe, Vladimir Poutine, qui était sous les projecteurs ces derniers jours. Pourtant, son homologue Recep Tayyip Erdogan ne ménage pas sa peine pour faire parler de lui. Mais son tour viendra bientôt. Les deux hommes semblent bien s'entendre actuellement. Il en allait tout autrement il y a quelques années, quand la Turquie avait aba...

Grâce à la Coupe du monde de football, c'est le président russe, Vladimir Poutine, qui était sous les projecteurs ces derniers jours. Pourtant, son homologue Recep Tayyip Erdogan ne ménage pas sa peine pour faire parler de lui. Mais son tour viendra bientôt. Les deux hommes semblent bien s'entendre actuellement. Il en allait tout autrement il y a quelques années, quand la Turquie avait abattu un avion de chasse russe qui avait violé son espace aérien.Ces prochains jours, le monde politique et financier scrutera avec attention ce pays aux confins de l'Europe et de l'Asie. Politique, parce qu'à l'issue des élections présidentielles qui s'y tiendront dans quelques semaines (le dimanche 24 juin), Erdogan pourrait s'arroger un pouvoir encore plus absolu. Financier, parce que la livre turque s'est à nouveau dépréciée ces dernières semaines et compte ainsi parmi les monnaies les moins performantes du monde cette année. Nous y revenons dans la rubrique Obligations. Et pourtant, la Turquie demeure un pays aux perspectives favorables à (très) long terme. Les Nations unies la classent même parmi les pays à fort développement humain. L'économie turque enregistre d'ailleurs une croissance soutenue, bien que celle-ci s'accompagne d'une inflation élevée et qu'une bonne part de la dette turque soit entre des mains étrangères. Mais depuis quelques années, le Bosphore suffoque. Erdogan, qui était jadis considéré comme le réformateur, l'architecte du "miracle économique turc", n'est plus qu'un potentat obstiné, un Roi-Soleil autour duquel circulent de savoureuses histoires de corruption qui tente aujourd'hui d'installer un régime présidentiel. La chute de la livre turque (TRY) a commencé il y a plusieurs années. Avec 0,188 TRY pour 1 euro, elle a perdu 50% de sa valeur en cinqans.Toutefois, l'effondrement de la monnaie dope la compétitivité des entreprises exportatrices et rend la Turquie plus attrayante pour les touristes. L'indice Borsa Istanbul