La croissance explosive de la population mondiale (de 2,5 à 9 milliards d'âmes entre 1950 et 2050) pose des défis majeurs au secteur de l'agriculture. Aujourd'hui, on estime que 12% de la population mondiale souffre encore de famine. Ce qui signifie que deux milliards de bouches supplémentaires devront être nourries d'ici à 2050. La production alimentaire devra donc augmenter de 70%. Autrement dit, le secteur agricole est promis à un bel avenir... Pourtant, cette vérité ne trouve pas écho dans les prix des matières agricoles ces derniers mois. On note en effet des fluctuations de plus en plus marquées au niveau des récoltes, conséquence des variations plus ...

La croissance explosive de la population mondiale (de 2,5 à 9 milliards d'âmes entre 1950 et 2050) pose des défis majeurs au secteur de l'agriculture. Aujourd'hui, on estime que 12% de la population mondiale souffre encore de famine. Ce qui signifie que deux milliards de bouches supplémentaires devront être nourries d'ici à 2050. La production alimentaire devra donc augmenter de 70%. Autrement dit, le secteur agricole est promis à un bel avenir... Pourtant, cette vérité ne trouve pas écho dans les prix des matières agricoles ces derniers mois. On note en effet des fluctuations de plus en plus marquées au niveau des récoltes, conséquence des variations plus importantes du climat. Pour l'instant, les prix des matières premières agricoles sont par exemple dans un creux. Du maïs (830 centimes de dollar le boisseau de 27,22 kilos en 2012 à 360 centimes de dollar aujourd'hui) à l'huile de palme (de 1175 USD la tonne en 2012 à 660 USD pour l'heure) en passant par le sucre (de 35,3 centimes de dollar la livre ou 0,45 kilo en 2011 à 13,3 centimes de dollar à présent ) : toutes ces denrées sont proches de leur plus faible niveau historique. Ces prix déterminent à leur tour, dans une importante mesure, les cours de Bourse des actions du secteur agricole.Offre sur Syngenta ?Le pessimisme des analystes et courtiers est grand, voire très grand. Ce qui nous agrée, en quelque sorte. Dans le secteur agricole, le vent peut rapidement tourner. D'où notre décision de relever à nouveau le poids de ce secteur en portefeuille, vers 15 à 20%. Un point d'inflexion au niveau des prix pourrait être atteint en conséquence d'El Nino. Les autorités australiennes et américaines ont récemment prévenu que la probabilité que ce phénomène naturel survienne était de 60 à 70%. C'est le cas lorsque les eaux sont nettement plus chaudes dans la partie est de l'Océan Pacifique et que des alizés se dirigent vers l'Indonésie. En outre, les eaux chaudes sont dirigées vers l'Amérique du Sud. Lorsque tous ces éléments sont combinés, El Nino entre en scène... Ce phénomène donne à son tour lieu à une sécheresse exceptionnelle, notamment (surtout de l'Australie à l'Indonésie), mais aussi à de fortes précipitations dans certaines régions d'Amérique Latine. Il peut donc exercer une influence sur le prix de l'huile de palme, du cacao, du café et du sucre.Nous avions l'intention de racheter ultérieurement les 5 actions Syngenta vendues précédemment. Cependant, à la fin de la semaine dernière, Bloomberg, spécialiste de l'actualité financière, a laissé entendre que Monsanto avait repris les discussions avec les Suisses. Le cours de Syngenta a en conséquence rebondi de 15%, car ces négociations pourraient déboucher sur une offre de rachat. Nous attendons (rating 2A). Les positions dans Asian Citrus (non relevées en raison d'une nouvelle maladie), Tessenderlo Group (fantastique turn-around) et Wilmar International (agriculture) sont conservées. En revanche, nous intégrons le groupe allemand Suedzucker (lire en rubrique Actions). Le premier producteur de sucre a vu son cours s'effondrer de 35 à 10 EUR ces deux dernières années, à cause du pessimisme ambiant. Récemment toutefois, il a montré des signes de reprise. Nous surveillons étroitement Sipef (et d'autres groupes spécialisés dans l'huile de palme) et Deere & Company.