Nous avons déjà évoqué à plusieurs reprises les défis auxquels le secteur agricole est confronté. D'ici à 2050, un milliard de tonnes de céréales et 200 millions de tonnes de viande supplémentaires devront être produits, en comparaison avec les quantités moyennes produites entre 2005 et 2010. Ce défi est rendu plus délicat encore par d'autres facteurs. Pour commencer, la difficulté d'étendre les surfaces cultivables. On estime que la surface totale de terres arables augmentera d'ici à 2050 de seulement 70 millions d'hectares, soit moins de 5%. En d'autres termes, le surplus nécessaire de production devra découler d'une meilleure exploitati...

Nous avons déjà évoqué à plusieurs reprises les défis auxquels le secteur agricole est confronté. D'ici à 2050, un milliard de tonnes de céréales et 200 millions de tonnes de viande supplémentaires devront être produits, en comparaison avec les quantités moyennes produites entre 2005 et 2010. Ce défi est rendu plus délicat encore par d'autres facteurs. Pour commencer, la difficulté d'étendre les surfaces cultivables. On estime que la surface totale de terres arables augmentera d'ici à 2050 de seulement 70 millions d'hectares, soit moins de 5%. En d'autres termes, le surplus nécessaire de production devra découler d'une meilleure exploitation des terres existantes. En 2020, l'hectare de terres cultivables devra nourrir cinq personnes, contre seulement deux en 1960.Menace de choc climatiqueUn autre problème réside dans les changements climatiques. Aucun consensus n'existe encore à cet égard - sur quel autre sujet scientifique peut-il y avoir consensus, d'ailleurs ?-, mais la grande majorité des scientifiques considèrent ces évolutions climatiques comme l'un des défis majeurs de la planète au cours de ce siècle. Les études démontrent que d'importantes concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère sous l'effet de l'activité humaine renforceraient l'effet de serre naturel et augmenteraient la température de la Terre. Les concentrations de ce gaz, en premier lieu de dioxyde de carbone (CO-2), ont augmenté de 70% depuis 1970, ce qui a occasionné une hausse de la température de 1 degré Celsius en Europe au cours des cinquante dernières années. Les conclusions d'un nouveau rapport rédigé par quatorze chercheurs de l'Université d'Hawaii et paru dans la revue spécialisée Nature font froid dans le dos: d'ici à la moitié de ce siècle, les jours les plus froids seront plus chauds que les jours les plus chauds d'aujourd'hui. Un choc climatique gigantesque menace donc notre planète si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas réduites considérablement. Espérons que ce scénario ne se réalisera pas. Toujours est-il cependant que l'agriculture subit aujourd'hui déjà les retombées du changement climatique : vagues de chaleur, longues périodes de sécheresse, pluies abondantes accompagnées d'inondations et autres tempêtes violentes sont autant de phénomènes affectant d'ores et déjà la production agricole. Ce qui rend la situation encore plus difficile à gérer pour l'ensemble du secteur. Celui-ci est dès lors contraint d'utiliser de meilleures semences et des produits phytosanitaires de meilleure qualité, mais aussi plus d'engrais de meilleure qualité et plus d'outils agricoles, et ce, afin de doper la productivité. Monsanto et Syngenta, les deux géants du segment des semences et produits de protection des plantes, méritent dès lors toute l'attention des investisseurs. L'action de Syngenta s'est effondrée jusque récemment, après un premier semestre moins bon. Nous prévoyons de l'analyser une nouvelle fois en profondeur et vous livrerons prochainement le résultat de cette étude. Après une mise en garde sur son bénéfice, l'action du groupe néerlandais Nutreco s'est également repliée, ce que nous considérons comme une raison de plus pour braquer à nouveau nos projecteurs sur ce titre.