L'année s'est terminée en beauté pour les Bourses du monde entier. Le contraste avec le dernier trimestre de 2018, particulièrement décevant, est frappant. Mais aujourd'hui, les relations entre les Etats-Unis et l'Iran se tendent. En éliminant le général iranien Qassem Soleimani, Donald Trump a frappé un grand coup, à quelques mois à peine de l'élection présidentielle. Il n'avait jamais commis d'acte aussi radical jusqu'ici.
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L'année s'est terminée en beauté pour les Bourses du monde entier. Le contraste avec le dernier trimestre de 2018, particulièrement décevant, est frappant. Mais aujourd'hui, les relations entre les Etats-Unis et l'Iran se tendent. En éliminant le général iranien Qassem Soleimani, Donald Trump a frappé un grand coup, à quelques mois à peine de l'élection présidentielle. Il n'avait jamais commis d'acte aussi radical jusqu'ici.La réaction de l'Iran ne s'est pas fait attendre, et les craintes d'une escalade du conflit au Moyen-Orient rendent les marchés financiers nerveux. Les cours des valeurs refuges, comme les obligations d'Etat, le pétrole et les métaux précieux, s'envolent, alors que les marchés boursiers sont orientés à la baisse. Nous sommes donc d'autant plus convaincus que l'enthousiasme des marchés financiers, en fin d'année, était excessif - nous le répétions, la semaine dernière encore, sous cette rubrique. Rappelons que les tensions géopolitiques ont toujours existé et que cela fait des dizaines d'années que le Moyen-Orient est une poudrière. Analystes et investisseurs se souviennent, naturellement, de la première guerre du Golfe (1990-1991), qui avait succédé à la guerre Iran-Irak, dans la décennie 1980. En août 1990, l'Irak avait envahi le Koweït voisin. Début 1991, une coalition internationale, dirigée par les Etats-Unis et mandatée par les Nations unies, avait lancé une contre-offensive (opération Tempête du désert) et expulsé les troupes de Saddam Hussein. Wall Street avait cédé une vingtaine de pour cent dans les trois mois qui avaient suivi l'invasion irakienne, alors que l'indice S&P 500 avait bondi de 27% en 1989 encore. Cette situation ressemble fort à celle de 2019, mais nous sommes très loin d'affirmer que les places boursières américaines auront reculé de 20% dans trois mois. Rien ne permet à ce stade de prédire une répétition du dernier trimestre de 2018: il faudrait pour cela qu'il y ait une véritable escalade du conflit au Moyen-Orient, ce que les parties semblent vouloir éviter. Nous retiendrons surtout du contexte qu'il renforce notre conviction selon laquelle les marchés boursiers ont atteint un sommet provisoire.L'on observe en outre bien plus de similitudes entre la situation actuelle et celle qui prévalait en 1998: citons la très longue durée du cycle haussier, les interventions des banques centrales (baisses des taux en réponse à la crise des pays émergents), la procédure de destitution contre Bill Clinton, qui avait réagi en attaquant l'Irak (en quête d'armes de destruction massive), etc. Au sortir de cette situation de crise, les marchés avaient enregistré une forte hausse - sous l'impulsion du secteur technologique principalement -, en direction du sommet qu'ils avaient fini par atteindre en 2000. Après une période de turbulences, nous escomptons, ici encore, une ultime ascension.