La semaine prochaine, les entreprises cotées américaines et européennes commenceront à publier leurs résultats financiers. Généralement, cette succession de bulletins de santé est globalement favorable aux marchés. Au dernier exercice de 2019, une vague de rachats d'actions propres avait déferlé, dont l'objectif était de doper le bénéfice par action et partant, la rémunération des actionnaires. De ce point de vue, la saison avait d'ailleurs été plutôt monotone. La proportion d'entreprises ayant obtenu des résultats conformes ou supérieurs aux attentes n'avait intéressé que quelqu...

La semaine prochaine, les entreprises cotées américaines et européennes commenceront à publier leurs résultats financiers. Généralement, cette succession de bulletins de santé est globalement favorable aux marchés. Au dernier exercice de 2019, une vague de rachats d'actions propres avait déferlé, dont l'objectif était de doper le bénéfice par action et partant, la rémunération des actionnaires. De ce point de vue, la saison avait d'ailleurs été plutôt monotone. La proportion d'entreprises ayant obtenu des résultats conformes ou supérieurs aux attentes n'avait intéressé que quelques statisticiens. Cette fois, et personne ne s'en étonnera, il faut s'attendre à une saison différente. Les analystes sont dans le brouillard: contrairement à d'ordinaire, les entreprises auront rarement pu formuler des prévisions fiables et pu les informer suffisamment tôt, avant la clôture du trimestre, de leurs éventuelles révisions. Par conséquent, les consensus n'auront pas tous pu être revus, le cas échéant.En raison du Covid-19 en effet, presque toutes les perspectives ont dû être révisées. Pour le trimestre écoulé, pour le trimestre suivant et donc aussi pour l'ensemble de l'exercice financier. Rappelons néanmoins que les circonstances étaient encore "normales", en janvier et février. Deceuninck, par exemple, a connu deux bons premiers mois, surtout aux Etats-Unis. Ensuite, le coronavirus a entraîné un déclin, très brutal, de son activité commerciale.C'est logique, les analystes peinent surtout à évaluer le mois de mars. L'on peut donc s'attendre à des surprises. Et autant préciser d'emblée que les estimations du deuxième trimestre seront encore plus hasardeuses. Car les entreprises seront naturellement nombreuses à refuser de fournir des orientations et formuler des prévisions pour la période d'avril à juin. Et donc également, pour l'intégralité de l'exercice financier. Les analystes n'auront d'autre choix que d'ajuster leurs modèles à tâtons. Ils devront faire bien plus de suppositions qu'en temps normal. Cela va sans dire, l'exercice sera très délicat. A cette heure, personne - pas même les virologues - ne sait à quelle vitesse la pandémie sera maîtrisée et quand nous pourrons espérer un retour progressif à la normale, sur le plan économique. Un retour qui ne devrait pas être aussi rapide chez nous qu'en Chine, où il est déjà très graduel.C'est dès lors très tendus qu'analystes et investisseurs attendront les résultats du premier trimestre, compte tenu de la probabilité accrue de surprises, bonnes comme mauvaises. A n'en point douter, les prochaines semaines seront pour nous très instructives. Nous en saurons davantage sur la quantité de mauvaises nouvelles intégrées dans les niveaux de cours actuels. Lorsque nous détiendrons ces informations, nous serons davantage en mesure d'évaluer la distance qui sépare encore les actions de leur plancher.