Après une croissance de 4,1% en 2015, l'économie suédoise a clairement été en phase de ralentissement en 2016. La Banque centrale suédoise (Riksbank) table sur une croissance de 3,3% pour l'année écoulée en raison de la faiblesse des investissements des entreprises, de la pénurie sur le marché du travail et de la diminution de l'immigration (source de main-d'oeuvre et de consommateurs). La politique extrêmement expansionniste de la Riksbank perd également de son impact. Dans le cadre du programme de rachat d'obligations...

Après une croissance de 4,1% en 2015, l'économie suédoise a clairement été en phase de ralentissement en 2016. La Banque centrale suédoise (Riksbank) table sur une croissance de 3,3% pour l'année écoulée en raison de la faiblesse des investissements des entreprises, de la pénurie sur le marché du travail et de la diminution de l'immigration (source de main-d'oeuvre et de consommateurs). La politique extrêmement expansionniste de la Riksbank perd également de son impact. Dans le cadre du programme de rachat d'obligations mis en oeuvre pour combattre la faiblesse tenace de l'inflation, elle a déjà repris près de 40% du marché total des obligations publiques suédoises. Malgré la croissance économique élevée et le fort excédent commercial, la politique de la Riksbank a ramené la couronne suédoise à un plancher sur six ans vis-à-vis de l'euro. La monnaie scandinave a perdu 6% depuis le début 2016. La Riksbank prévoit un nouveau ralentissement de la croissance à un niveau de 2%, qu'elle considère normal, en 2017. La pénurie de main-d'oeuvre qualifiée et de terrains entraînera un refroidissement du secteur de la construction. De plus, l'État suédois a décidé, sous la pression d'un populisme croissant, de limiter l'immigration. L'incertitude relative à la croissance mondiale pèsera également sur les investissements des entreprises. Petite économie ouverte, la Suède est très tributaire de la croissance économique de ses partenaires commerciaux, en particulier des États membres de l'Union européenne et de la Chine. Les effets négatifs de la politique de la Riksbank suscitent une inquiétude croissante. Comme en Norvège voisine, les taux extrêmement bas ont favorisé une hausse marquée des prix des maisons et des dettes des ménages. Un krach immobilier pourrait provoquer un effondrement de la consommation privée.Il y a de fortes chances que la couronne suédoise continue de s'affaiblir vis-à-vis de l'euro. Compte tenu du ralentissement de la croissance et de la faiblesse de l'inflation, la Riksbank ne reviendra pas sur sa politique extrême. Les taux ne seront relevés qu'en 2018 au plus tôt, lorsque la banque centrale prévoit un redressement de l'inflation au-dessus de 2%. De son côté, la Banque centrale européenne a laissé ses taux inchangés à 0% et freiné ses rachats mensuels d'obligations. Le différentiel de taux croissant profite à l'euro. Toutefois, la couronne suédoise pourrait rattraper une partie de ces pertes vis-à-vis de la monnaie unique si les résultats des élections aux Pays-Bas, en France et en Allemagne soulevaient de nouvelles interrogations sur l'avenir de l'euro l'an prochain.