Le secteur financier européen avait perdu toute crédibilité depuis la crise bancaire. Au vu de la valorisation de ses actions il y a quelques mois encore, le problème était resté entier. Plusieurs raisons expliquent ce phénomène. Tout d'abord, l'incapacité des établissements à assainir pleinement leurs bilans. Avec Banca Montei dei Paschi dans le coma, l'Italie est évidemment le premier pays auquel on songe, mais l'Allemagne et ses géants Deutsche Bank et Commerzbank n'est pas en reste. Ensuite, la décision prise par la Banque centrale européenne d'imposer un taux négatif aux ba...

Le secteur financier européen avait perdu toute crédibilité depuis la crise bancaire. Au vu de la valorisation de ses actions il y a quelques mois encore, le problème était resté entier. Plusieurs raisons expliquent ce phénomène. Tout d'abord, l'incapacité des établissements à assainir pleinement leurs bilans. Avec Banca Montei dei Paschi dans le coma, l'Italie est évidemment le premier pays auquel on songe, mais l'Allemagne et ses géants Deutsche Bank et Commerzbank n'est pas en reste. Ensuite, la décision prise par la Banque centrale européenne d'imposer un taux négatif aux banques qui lui confient leurs liquidités excédentaires, de même que l'arsenal de réglementations et de garde-fous, pèsent sur les marges de taux d'intérêt et donc, sur la rentabilité des établissements. L'an dernier, le risque de graves pertes de crédit, dû à la pandémie de Covid-19, était venu compléter le tableau.Autant de facteurs, donc, qui ont conduit à la perception négative et, partant, aux valorisations dérisoires, du secteur. Les actions qui composent l'indice STOXX Europe 600 Banks (qui regroupe les grandes banques européennes cotées) se sont négociées à 0,73 fois en moyenne la valeur comptable, soit un tiers à peine de la moyenne des titres du STOXX Europe 600 (2,16), un chiffre historiquement rare. Au point le plus bas, en mars 2020, le rapport plafonnait à 0,4. Du jamais vu! Dans une perspective historique, nous avions par conséquent une valorisation insignifiante par rapport non seulement à la moyenne du marché, mais aussi à la moyenne sectorielle des 10 et 20 dernières années. En termes de capitalisation boursière par rapport au total des actifs, les actions des banques étaient tout aussi faiblement valorisées, à 6% à peine en moyenne, pour près de 27% encore en 2007.Le ciel s'éclaircit toutefois légèrement depuis quelque temps. Les dégâts causés par la crise sanitaire sur les bilans des banques européennes sont moins importants que prévu, les taux d'intérêt augmentent enfin et la Banque centrale européenne autorise à nouveau les établissements à verser des dividendes, que certaines distribuent désormais en abondance. Cela faisait plus de 10 ans que les actionnaires n'avaient plus été gâtés: malgré des dividendes souvent généreux, investir dans le STOXX Europe 600 Banks n'avait rapporté durant cette période que 58% (8% de hausse des cours en moyenne), contre 177% (10,7% par an en moyenne) pour le STOXX Europe 600, soit un écart de près de 120%!Mais voilà donc plusieurs mois que les titres remontent considérablement par rapport à la moyenne - le STOXX Europe 600 Banks a en effet bondi de 79%, contre 31% "seulement" du côté de l'indice STOXX Europe 600. KBC, la deuxième action la plus performante de l'indice Bel 20 cette année, est, au travers de sa société mère, KBC Ancora, une des valeurs phares du portefeuille modèle. Il nous semble toutefois que la progression va marquer une pause.