Le Brésil est l'un des marchés d'actions les plus performants cette année. Le plus grand indice boursier du pays, le Bovespa, a déjà gagné près de 30%. On ne peut imputer cette performance aux seuls Jeux Olympiques de Rio, mais pour sûr, ils y ont contribué. Simultanément, le Brésil est également confronté à des scandales politiques, à une croissance négative, à une dette qui explose et à un chômage élevé.
...

Le Brésil est l'un des marchés d'actions les plus performants cette année. Le plus grand indice boursier du pays, le Bovespa, a déjà gagné près de 30%. On ne peut imputer cette performance aux seuls Jeux Olympiques de Rio, mais pour sûr, ils y ont contribué. Simultanément, le Brésil est également confronté à des scandales politiques, à une croissance négative, à une dette qui explose et à un chômage élevé. Après un scandale de corruption à grande échelle, la présidente en exercice Dilma Roussef a été destituée et remplacée par le président intérimaire Michel Temer. Roussef et son prédécesseur Lula da Silva sont accusés d'avoir financé leur campagne électorale à l'aide de fonds publics. Les anciens leaders sont également éclaboussés par le scandale de blanchiment et de corruption de Petrobras. L'économie brésilienne connaît une grave récession du fait de la baisse combinée des cours des matières premières et de la demande chinoise. Au deuxième trimestre, le produit intérieur brut (PIB) s'est contracté de 3,8% sur une base annuelle, son sixième recul consécutif. Au premier trimestre, la baisse était encore plus marquée: 5,4%. Le FMI prévoit pour 2016 une croissance négative de 3,3%, contre 3,8% l'an dernier. La dette publique atteint aujourd'hui près de 70% du PIB. Cela pourrait ne pas sembler très élevé par rapport au Japon et à la Grèce (voire à la Belgique), par exemple, mais en raison des taux élevés (14,3%), le financement de cette dette coûte extrêmement cher au pays. De plus, c'est surtout le rythme de l'augmentation de la dette qui inquiète. En 2010, le ratio dette/PIB s'établissait encore à seulement 50%. En raison de la récession, le chômage a atteint un niveau record de 11,6% au deuxième trimestre. Une bonne nouvelle, néanmoins: les indicateurs macroéconomiques se stabilisent. Ainsi la production industrielle est-elle en hausse depuis cinq mois d'affilée et les investissements ont à nouveau progressé, pour la première fois en dix trimestres. L'inflation, mesurée selon l'indice des prix à la consommation, commence également à refluer. En octobre de l'an dernier, elle dépassait encore les 10%. Cet été, elle était retombée à 8,7%. Le FMI prévoit une nouvelle baisse à 6% pour 2017. L'objectif officiel du gouvernement s'établissant à 4,5%, il reste du pain sur la planche. Les taux sont inchangés à 14,3% depuis juillet 2015. Les analystes estiment qu'une baisse est désormais envisageable vu l'évolution favorable de l'inflation. Une telle baisse des taux devrait favoriser les dépenses de consommation. De plus, on peut espérer que les nouveaux dirigeants mettront en oeuvre des réformes structurelles, même si cela implique qu'ils prennent des mesures impopulaires. Penchons-nous sur les deux plus grands trackers permettant d'investir au Brésil.Ticker : EWZBourse : NYSE ArcaPremière cotation : juillet 2000Actifs sous gestion : 3,77 milliards USDVolumes moyens : 21,9 millionsPerformance depuis le 01/01/2016 : +59,7%Performance sur 12 mois : +46,9%Performance sur 3 ans : -28,4% Frais annuels de gestion : 0,62%Ce produit de la famille iShares émis par BlackRock est le tracker le plus grand (en matière d'actifs sous gestion) et le plus liquide permettant d'investir en actions brésiliennes. Assorti du ticker EWZ, il reflète les performances de l'indice MSCI Brazil 25/50. Celui-ci compte 62entreprises, les dix plus grandes participations affichant un poids total de près de 54%. Aucune participation individuelle ne peut avoir un poids de plus de 25%. De plus, les participations dont le poids est supérieur à 5% ne peuvent dépasser un poids cumulé de 50%. Ces mesures visent à garantir la diversification de l'indice. Avec 35%, le secteur financier arrive en tête. Il est suivi par les biens de consommation (23%) et l'énergie (13%). Les frais annuels de gestion sont plutôt élevés (0,62%), mais restent acceptables pour un ETF sur un pays émergent.1. Itau Unibanco Holding2. Ambev3. Petrobras4. Bank Bradesco5. Brasil FoodsTicker : FBZBourse : NYSE ArcaPremière cotation : avril 2011Actifs sous gestion : 119,4 millions USDVolumes moyens : 192000Performance depuis le 01/01/2016 : +56,8%Performance sur 12 mois : +47,4%Performance sur 3 ans : -30,6% Frais annuels de gestion : 0,8%Ce tracker émis par First Trust n'est coté que depuis cinq ans, d'où sa taille nettement inférieure à l'EWZ. Assorti du ticker FBZ, il reflète la performance de l'indice Nasdaq Alpha DEX Brazil. Ce dernier compte 54entreprises, dont les dix plus grandes participations affichent un poids cumulé de près de 35%. La composition diffère de celle de l'indice MSCI Brazil: les services d'utilité publique affichent cette fois la part la plus importante, avec 26%. Suivent les biens de consommation (24%) et l'énergie (13%). Les rendements des deux indices sont par contre très similaires à court terme comme à plus long terme. Les frais annuels de gestion sont, ici, encore plus élevés que pour EWZ, puisqu'ils atteignent 0,8%.1. Eletricas Brasileiras (services d'utilité publique)2. Fleury S.A. (soins de santé)3. Tim Participacoes (télécommunications)4. Itausa Investimentos (holding)5. Energias do Brasil (services d'utilité publique)Épinglons encore deux autres trackers spécialisés dans les petites capitalisations brésiliennes: Van Eck Vectors Small Cap ETF (ticker : BRF) et iShares MSCI Brazil Small Cap ETF (ticker : EWZS). BRF et EWZS affichent des rendements de respectivement 61,5% et 69,3% depuis le début de l'année.