Les marchés financiers internationaux attendent depuis le début de l'année un premier resserrement de taux par la Banque centrale américaine. Alors que 2014 fut l'année du " tapering ", soit l'allègement du programme d'assouplissement quantitatif (QE), cette année devrait être marquée par un revirement de la stratégie monétaire de la Federal Reserve, dont on attend qu'elle relève ses taux de base pour la première fois depuis juin 2006 et mette ainsi un point final à sa politique de taux zéro.
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Les marchés financiers internationaux attendent depuis le début de l'année un premier resserrement de taux par la Banque centrale américaine. Alors que 2014 fut l'année du " tapering ", soit l'allègement du programme d'assouplissement quantitatif (QE), cette année devrait être marquée par un revirement de la stratégie monétaire de la Federal Reserve, dont on attend qu'elle relève ses taux de base pour la première fois depuis juin 2006 et mette ainsi un point final à sa politique de taux zéro.Pour autant, nous voilà arrivés à la mi-novembre et rien ne s'est encore produit. Lors de la réunion de la Fed de la mi-septembre, de nombreux stratèges et économistes ont froncé les sourcils en apprenant que la Fed n'avait pas franchi ce pas historique. La présidente de cette honorable institution, Janet Yellen, a alors prêté pour la première fois le flanc à la critique. On lui reproche son manque d'audace et l'espoir qu'elle nourrit d'un " scénario parfait " qui, dans le contexte actuel de l'économie mondiale, semble improbable. Yellen a manifestement pris acte, et s'est dès lors montrée plus assertive dans le communiqué de presse publié fin octobre, où elle a annoncé explicitement que lors de la dernière réunion de l'année (prévue les 15 et 16 décembre), le resserrement monétaire serait à nouveau à l'ordre du jour. Un rapport convaincantJusqu'il y a quelques semaines, la plupart des observateurs de marché n'espéraient plus de relèvement de taux cette année. Aujourd'hui, ils semblent avoir revu leur copie : la probabilité de hausse est passée de 30 % à 75 %. Ce résultat dépendait et dépend en effet dans une importante mesure des indicateurs économiques publiés et à publier pendant l'intervalle de six semaines qui s'écoulera entre les deux réunions. La croissance de l'économie américaine au 3etrimestre est l'un de ces indicateurs. Or à 1,5 %, contre 1,6 % attendu, cette donnée ne va pas dans le sens espéré. Mais elle n'est certainement pas déterminante.Le rapport sur l'emploi pour le mois d'octobre, en revanche, procure à la Fed un argument de poids. Pas seulement parce que le taux de chômage a reflué à 5 % ou que les 271.000 nouveaux emplois créés sont un record pour cette année et dépassent largement la moyenne énoncée par les économistes (consensus : +185.000). Mais aussi et surtout parce que les salaires sont manifestement en hausse (+2,5 % sur base annuelle), ce qui devrait convaincre un plus grand nombre de gouverneurs de la Fed d'enfin resserrer leur taux. Naturellement, une série d'indicateurs doivent encore être analysés à la loupe, comme l'inflation et le rapport sur l'emploi pour le mois de novembre. Nous pensons cependant que celui-ci sera suffisamment convaincant. Nous détaillerons les retombées d'un resserrement monétaire sur les marchés financiers dans notre prochaine stratégie.