Ces dernières années, nous avons souligné à plusieurs reprises que l'ampleur de la dette mondiale devenait très inquiétante. La crise sanitaire qu'a entraînée la pandémie liée au coronavirus plonge à présent le monde dans une profonde crise économique. Afin d'éviter une réédition de la dépression des années 1930, les banques centrales et gouvernements soutiennent certes l'économie. Mais les dettes deviennent colossales. Début avril, l'Institut de la finance internationale (IFI) avertissait, en marge de la publication de son rapport relatif à 2019, que la dette mondi...

Ces dernières années, nous avons souligné à plusieurs reprises que l'ampleur de la dette mondiale devenait très inquiétante. La crise sanitaire qu'a entraînée la pandémie liée au coronavirus plonge à présent le monde dans une profonde crise économique. Afin d'éviter une réédition de la dépression des années 1930, les banques centrales et gouvernements soutiennent certes l'économie. Mais les dettes deviennent colossales. Début avril, l'Institut de la finance internationale (IFI) avertissait, en marge de la publication de son rapport relatif à 2019, que la dette mondiale augmenterait encore cette année en raison des mesures adoptées contre la propagation du Covid-19. Or l'institut a déclaré que l'ardoise mondiale a atteint en 2019 le niveau inédit de 255.000 milliards de dollars (quelque 10 milliards de plus qu'en 2018), soit 322% du PIB mondial (la somme des biens et services produits en une année). A l'échelon mondial, la dette publique augmente plus vite que la dette privée, et les Etats-Unis et la Chine en sont les principaux responsables. Jusqu'à la suspension récente de ses règles de discipline budgétaire, seule l'Union européenne s'est efforcée de réduire la dette publique de ses pays. Depuis que Donald Trump a accédé à la Maison-Blanche, soit depuis début 2017, la dette publique américaine s'envole. Et ce n'est pas mieux en Chine: sans considérer la dette du secteur financier, le déficit public atteint 192.000 milliards de dollars. La zone euro est, si l'on compare la dette par bloc économique, celle qui affiche aujourd'hui le niveau de dette le plus faible. Avec un taux d'endettement de 248%, elle a été récemment dépassée par les Etats-Unis (250%) et la Chine (258%). Quant au pays le plus endetté au monde, c'est le Japon, et depuis longtemps. La dette mondiale devient vertigineuse tandis que la croissance économique mondiale semble avoir ralenti structurellement depuis la crise bancaire. Cette situation inédite suscite nombre d'interrogations. D'autant plus que l'IFI pronostique une augmentation de la dette planétaire à plus de 350% du PIB mondial cette année. Or les taux d'intérêt, maintenus à des niveaux toujours très bas, sur les emprunts d'Etat et la belle reprise des places boursières semblent indiquer que les marchés financiers sont peu inquiets. Quant aux injections massives de liquidités par les banques centrales, elles ne sont pas vues par les opérateurs de marché comme une véritable solution. Pour eux, elles ne feraient que retarder le choc. Par ailleurs, si l'inflation paraît toujours être le seul moyen de sauvetage, elle n'est pas facile à créer en raison du vieillissement de la population. Dans ce contexte difficile, et parce que l'on peut s'attendre, tôt ou tard, à des complications, le thème des métaux précieux restera pour sûr, longtemps encore, un thème de base du portefeuille modèle.