Nous avons déjà évoqué les niveaux record atteints par les indices boursiers américains à la fin de l'an dernier (voir IB-49B). A l'époque, nous nous étions basés sur le cours/bénéfice ajusté du prix Nobel Robert Shiller, qui indiquait que les cours actuels, sur la base des bénéfices moyens des 10 dernières années, étaient déjà nettement supérieurs à leur moyenne historique. Cette situation n'a pas changé ces dernières semaines.
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Nous avons déjà évoqué les niveaux record atteints par les indices boursiers américains à la fin de l'an dernier (voir IB-49B). A l'époque, nous nous étions basés sur le cours/bénéfice ajusté du prix Nobel Robert Shiller, qui indiquait que les cours actuels, sur la base des bénéfices moyens des 10 dernières années, étaient déjà nettement supérieurs à leur moyenne historique. Cette situation n'a pas changé ces dernières semaines.Ascension hallucinanteSi les cours de Facebook et de LinkedIn ont doublé en 2013, la meilleure illustration des excès actuels est encore l'entrée en Bourse de Twitter. Introduite en Bourse à 26 USD, l'action Twitter s'échangeait déjà à 45 USD le lendemain. Elle a ensuite poursuivi sa progression pour atteindre 75 USD, ce qui correspond à plus de 70 fois le chiffre d'affaires (CA) de l'an dernier.Ce phénomène rappellera sans doute la période 1999-2000 à nos lecteurs les plus expérimentés. Les optimistes peuvent certes arguer que les valorisations n'ont pas encore atteint les niveaux d'alors. C'est en partie vrai, puisqu'au tournant du siècle, certaines entreprises dotcom s'échangeaient à plus de 100 fois le CA. Mais Twitter, qui constitue certes une exception, commence à approcher dangereusement ce niveau. Un autre argument est que les introductions en Bourse étaient beaucoup plus nombreuses à l'époque. Exact, également, mais 1999 a été une année record qui n'a jamais été égalée par la suite. En outre, on invoque souvent le manque de pertinence des rapports cours/bénéfices pour les entreprises de ce type. Dans les nouvelles niches comme les médias sociaux, la croissance du CA est un critère nettement plus important. La priorité est d'investir dans l'augmentation des parts de marché. Mais pour les entreprises de médias sociaux dont il est question aussi, on ne peut ignorer totalement les critères de valorisation.Tout dépend de la croissance du CA et de la mesure dans laquelle celle-ci peut être maintenue. Nous avons dressé la liste des prévisions pour 2014 et tablons sur le fait qu'elles seront effectivement réalisées. Pour Facebook, on prévoit une croissance du CA de 36%. Le CA prévu de 10,4 milliards USD correspond à un rapport cours/CA de 14. Selon les analystes, le CA de LinkedIn augmentera de 42% pour atteindre 2,2 milliards USD en 2014. Soit un rapport cours/CA de 12. Twitter fait encore mieux : malgré une croissance du CA de 77% à 1,1 milliard USD, le rapport cours/CA attendu atteint presque 30. La valeur boursière de Twitter est pourtant supérieure à celle de LinkedIn. Facebook et LinkedIn sont rentables, avec des C/B de 43 et 97 respectivement. Twitter, toujours déficitaire, bat certes tous les records, mais les rapports cours/CA de Facebook et LinkedIn sont eux aussi nettement supérieurs à la moyenne du marché. Même Tesla, qui est souvent utilisée comme exemple de bulle, s'échange à 6 fois son CA attendu "à peine", bien que l'entreprise affiche une croissance du CA similaire à celle de Facebook et soit également bénéficiaire. La tension qui règne en Bourse est illustrée par Twitter, qui, au cours de la première semaine de négociation de l'année, a abandonné plus de 15% en deux sessions après qu'une société de Bourse a revu à la baisse son opinion la concernant. Si un rapport d'analystes a un tel impact, que se passera-t-il si d'aventure les chiffres trimestriels ou les perspectives ne répondaient pas aux attentes lors de la prochaine saison des résultats ?Baisse des coursLes investisseurs privés peuvent tenter de profiter d'une baisse des cours par le biais de produits à levier. Notre principal candidat à une stratégie short est Twitter. La récente vague de ventes en a quelque peu réduit le potentiel, mais l'action reste trop chère même après la chute du cours. Au moment d'écrire cet article, les principaux fournisseurs de produits à effet de levier (RBS Markets et ABN Amro Markets) ne proposaient pas encore de produits permettant de "shorter" Twitter. Nous en avons cependant trouvé deux exemples chez ING. L'offre de produits à effet de levier ayant Facebook et LinkedIn comme valeur sous-jacente est un peu plus étoffée. Twitter Sprinter Short (risque faible)Code ISIN: NL0010597464Devise: EURCours de référence: 58,99Barrière désactivante: 71,2Levier: 2,3Cours: 18,16Chez ce Sprinter émis par ING, l'écart entre la barrière désactivante et le cours de référence atteint presque 21%. C'est une marge de sécurité suffisante. Dans l'autre Sprinter Short (code ISIN : NL0010597100), l'écart par rapport à la barrière désactivante se monte à 42%, mais le levier - 1,5 - est moindre.Facebook Turbo Short (risque faible)Code ISIN: NL0010502506Devise: EURNiveau de financement: 79,56Cours de référence: 57,74Barrière désactivante: 69,6Levier: 2,63Cours: 1,61Ce Turbo Short est proposé par ABN Amro Markets. Le cours de référence de Facebook est situé 21% au-dessus de la barrière désactivante.Facebook Turbo Short (risque supérieur)Code ISIN: NL0010606638Devise: EURNiveau de financement: 71,67Cours de référence: 57,74Barrière désacivante: 66,29Levier: 4,23Cours: 10,08Ce Turbo Short de RBS Markets se trouve un échelon plus haut sur l'échelle des risques. La différence entre la barrière désactivante et le cours de référence ne dépasse pas 15%, mais les investisseurs bénéficient d'un levier nettement plus important.