Quel bilan tirer de l'année 2018 pour l'économie turque et la TRY?

La Turquie est confrontée à une inflation galopante. Celle-ci atteint désormais 21,62%, mais a culminé à plus de 25% en octobre 2018. Et si fin 2017 elle s'élevait à 11,7%, c'était déjà loin des 5% visés. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, exige que les taux restent bas. La banque centrale du pays tente toutefois de résister à ses pressions. Elle a relevé le taux de base à ...

La Turquie est confrontée à une inflation galopante. Celle-ci atteint désormais 21,62%, mais a culminé à plus de 25% en octobre 2018. Et si fin 2017 elle s'élevait à 11,7%, c'était déjà loin des 5% visés. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, exige que les taux restent bas. La banque centrale du pays tente toutefois de résister à ses pressions. Elle a relevé le taux de base à 24% en septembre. La livre turque accuse toujours un recul de 35% par rapport à son niveau d'il y a un an. Elle demeure très faible, malgré le redressement remarquable amorcé depuis septembre. Les prévisions de croissance pour 2018 ont été abaissées de 5,5 à 3,8%.Le gouvernement a récemment relevé de 9% les prix du gaz ménager. Le prix de l'essence devrait également augmenter. La classe moyenne turque, qui vénère Erdogan, risque d'être la première victime du malaise économique. Si le mécontentement la gagne, Erdogan pourrait perdre rapidement une grande partie de son soutien. Murat Çetinkaya, le gouverneur de la banque centrale, reconnaît que l'objectif d'inflation (5%) ne sera pas atteint ces trois prochaines années. Il prévoit une hausse des prix de 9,3% en 2019. Mais même cet objectif sera difficile à réaliser. L'économie turque pourrait entrer en récession.Pour les Turcs, la dépréciation de la livre est une conséquence du chantage exercé par Donald Trump, qui veut mettre leur pays à genoux. Erdogan appelle constamment les Turcs à retirer les dollars, euros et pièces d'or qu'ils gardent sous leurs matelas pour les convertir en monnaie nationale. Si une partie de la population a suivi son conseil, l'autre fait exactement l'inverse pour se couvrir contre la chute de la livre. Les obligations publiques turques présentent une courbe de taux inversée. La forte volatilité de la livre, l'inflation galopante et l'instabilité politique sont autant d'autres bonnes raisons d'éviter les titres libellés en TRY.