Quel bilan tirer de l'année 2018 pour l'économie britannique et la GBP?

La livre britannique a été marquée par une forte volatilité en 2018, ce qui n'a rien de surprenant, puisque les incertitudes politiques et financières qui entourent le Brexit pèsent sur la monnaie et l'économie. La livre s'est inscrite en forte baisse entre avril et septembre, puis la tendance s'est infléchie. Début décembre, la livre avait rattrapé la quasi-totalité du terrain perdu précédemment et l'année devrait se solder par une perte limitée face à l'euro. L'économie n'est pas tombée en récession en 2018, mais la croissance n'a...

La livre britannique a été marquée par une forte volatilité en 2018, ce qui n'a rien de surprenant, puisque les incertitudes politiques et financières qui entourent le Brexit pèsent sur la monnaie et l'économie. La livre s'est inscrite en forte baisse entre avril et septembre, puis la tendance s'est infléchie. Début décembre, la livre avait rattrapé la quasi-totalité du terrain perdu précédemment et l'année devrait se solder par une perte limitée face à l'euro. L'économie n'est pas tombée en récession en 2018, mais la croissance n'a pas dépassé 1,4% - un niveau comparable à celui des économies européennes les moins performantes, comme l'Italie. La Banque d'Angleterre a depuis reconnu qu'elle avait mal évalué la situation économique. Elle a relevé son taux directeur à 0,75%. L'inflation s'élève actuellement à 2,20%. L'économie affiche un taux de croissance de 1,4% en 2018. Pour 2019, le consensus fait état de 1,1%, reléguant le Royaume-Uni au rang de lanterne rouge de l'Union européenne. Avant le Brexit, les prévisions de croissance s'établissaient à 2,3% pour 2018 et 2% pour 2019. Un rapport du gouvernement britannique révèle que dans le pire des cas, un Brexit sans accord coûterait 10,7% de produit intérieur brut (PIB) au Royaume-Uni d'ici 2034. S'il est approuvé par le Parlement britannique, l'accord conclu entre la Première ministre Theresa May et l'Union européenne réduira l'incidence négative sur le PIB à 3,9% sur les quinze prochaines années. La monnaie britannique évolue au gré de nombreuses rumeurs. Celles qui esquissent un Brexit doux entraînent un rebond de la livre, alors que celles qui mettent l'accent sur une séparation sans accord tirent la valeur de la monnaie vers le bas. Dans la configuration actuelle, la probabilité d'un Brexit avec accord semble diminuer. Un Brexit dur impliquerait une rupture abrupte entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Les Britanniques ne feraient plus partie du marché intérieur européen, qui permet la libre circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes. De plus, les droits de douane préférentiels disparaîtraient, ce qui rendrait plus onéreux les échanges commerciaux entre l'UE et le Royaume-Uni. De nombreuses incertitudes subsistent cependant, car l'issue des négociations sur le Brexit ne sera sans doute connue que dans quelques mois. Le marché monétaire anticipe actuellement un Brexit dur, sans accord, qui affaiblirait la livre. Une issue moins dommageable pourrait soutenir la monnaie. Dans le cas contraire, une dépréciation de la livre sera nécessaire pour réduire le coût des exportations britanniques - un avantage concurrentiel que la Banque d'Angleterre veillera à obtenir.