À la fin de l'an dernier, les stratèges pensaient de manière assez unanime que les thèmes d'investissement dominants des dernières années trouveraient confirmation en 2016. Voici les principaux. Tout d'abord, cette époque est caractérisée par une inflation et des taux d'intérêt très faibles, contexte qui est appelé à perdurer. Par ailleurs, le dollar américain se trouve dans un marché haussier structurel de long terme (tendance haussière), alors que les matières premières suivent une tendance structurelle baissière, que les marchés développés surperforment ...

À la fin de l'an dernier, les stratèges pensaient de manière assez unanime que les thèmes d'investissement dominants des dernières années trouveraient confirmation en 2016. Voici les principaux. Tout d'abord, cette époque est caractérisée par une inflation et des taux d'intérêt très faibles, contexte qui est appelé à perdurer. Par ailleurs, le dollar américain se trouve dans un marché haussier structurel de long terme (tendance haussière), alors que les matières premières suivent une tendance structurelle baissière, que les marchés développés surperforment les marchés émergents, que la croissance prévaut sur la valeur, que les valeurs défensives (actions présentant un faible bêta ou vulnérabilité au marché) sont à préférer aux valeurs cycliques (actions associées à un bêta élevé), etc. Depuis l'automne dernier, nous indiquons que ces thèmes sont désormais matures et que 2016 pourrait être l'année du renversement de tendance. En d'autres termes, que 2016 serait plutôt une année de rotation.Ce que nous avons pu constater au premier trimestre 2016, c'est que nombre des piliers mis en avant les années précédentes ont été fragilisés durant les trois premiers mois de l'année. Alors que les valeurs restées dans l'ombre jusque-là ont finalement commencé à briller. Pour nous, l'élément le plus révélateur est le rebond de 40 à 50% du cours des mines d'or après avoir ont accusé un repli de 80% entre le printemps 2011 et la fin de l'an dernier. Le revers de la médaille fut l'évolution du secteur biotechnologique: le Nasdaq Biotech, qui s'est hissé de 330% entre 2011 et 2015, a essuyé un repli de quelque 25% sur les premiers mois de l'année. Les "suiveurs" pourront évidemment affirmer qu'il s'agit d'un phénomène (largement) temporaire et pas d'un réel transfert de pouvoir. Nous ne sommes pas de cet avis. Nous y voyons plus qu'un léger accès de faiblesse des thèmes ayant dominé le monde financier ces dernières années. Le repli n'avait plus été aussi notable depuis quelques années. De même, l'orientation haussière de certains actifs nous semble trop marquée pour ne pas en tenir compte ou pour la considérer comme un fait divers.L'optimisme persistant à l'égard du dollar américain est du reste étonnant. Alors que sa progression par rapport à l'euro, notamment, s'est interrompue il y a un an déjà. Pour autant, la plupart des stratèges et maisons de Bourse continuent d'affirmer que le billet vert dépassera la parité face à l'euro. Certes, ce n'est pas exclu, mais pour cela, il faudrait que la zone euro soit confrontée à un Brexit ou quelque autre "accident", qui à son tour provoquerait un affaiblissement de l'euro; car le retour en force de l'or semble lui aussi indiquer que la progression de l'USD est arrivée à maturité. Là aussi, une inflexion n'est pas à exclure d'ici quelque temps.