Depuis l'éclatement de la crise financière et économique, les banques centrales occidentales explorent des sentiers jamais empruntés jusqu'ici. La polémique se poursuit, entre économistes et stratèges, au sujet de l'ampleur de l'impact de l'assouplissement quantitatif (" quantitative easing " ou QE) sur l'économie réelle. Un quasi-consensus existe cependant par rapport au fait que le QE a soufflé un vent contraire sur les marchés boursiers et nombre d'autres marchés (financiers).
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Depuis l'éclatement de la crise financière et économique, les banques centrales occidentales explorent des sentiers jamais empruntés jusqu'ici. La polémique se poursuit, entre économistes et stratèges, au sujet de l'ampleur de l'impact de l'assouplissement quantitatif (" quantitative easing " ou QE) sur l'économie réelle. Un quasi-consensus existe cependant par rapport au fait que le QE a soufflé un vent contraire sur les marchés boursiers et nombre d'autres marchés (financiers).Aux Etats-Unis, l'opération de QE est finalisée depuis l'automne dernier. Cette année est placée sous le signe du premier relèvement des taux par la Fed : quand aura-t-il lieu ? Dans l'intervalle, le Japon et la zone euro rattrapent leur retard en jouant - tardivement mais avec enthousiasme - la carte du QE. Ce facteur combiné a contribué à soutenir massivement le dollar américain (USD). D'une part, on note une embellie manifeste du marché de l'emploi, avec une création d'emplois importante, qui ne justifie plus un taux zéro. D'autre part, un premier relèvement de taux est à l'agenda, et donc la perspective du début d'un cycle haussier de taux susceptible de hisser le dollar américain (autrefois parité avec l'EUR) au point d'affecter le monde des entreprises américaines et partant de freiner la croissance américaine. La plupart des indicateurs (temporaires) récents publiés aux Etats-Unis vont déjà dans le sens d'un essoufflement de l'économie.Message nuancéCe qui explique que la présidente actuelle de la Fed, Janet Yellen, a choisi d'émettre un message nuancé, qui ressemble à un compromis à la belge. Le mot " patient " a été supprimé, comme prévu, de la communication. Ce qui signifie que la Fed se prépare bel et bien à procéder à un premier relèvement de taux. Mais parallèlement, la Banque centrale américaine abaisse les prévisions de croissance de l'économie américaine, et indique clairement qu'il ne faudrait pas aller trop vite en besogne. En d'autres termes, le premier relèvement de taux n'interviendra pas tout de suite, et peut-être pas avant l'été (septembre, au lieu d'avril ou de juin). Par ailleurs, il semble que la Fed procède plutôt très progressivement (relèvements de taux de 0,25%), à l'instar d'Alan Greenspan il y a une décennie. Ce message nuancé permet certes d'éviter d'importantes turbulences sur les marchés financiers au cours des prochains mois. Quoi qu'il en soit, la décision a contribué à interrompre la course effrénée du dollar. La faible réaction des marchés boursiers européens le lendemain accroît la probabilité d'une correction logique mais temporaire sur les places européennes. Depuis le début de cette année, les Bourses européennes ont surperformé de 15 à 20% les Bourses américaines. Il ne serait dès lors pas illogique que nous entrions dans une phase intermédiaire pendant laquelle les indices américains se comporteraient mieux que les nôtres. Le ton modéré de la Fed est également une bonne nouvelle pour les investisseurs positionnés dans les marchés émergents. Ceux-ci étaient sous pression en raison de la crainte d'un relèvement des taux américains. De même, l'or a pu retrouver un peu d'éclat grâce au communiqué de la Fed.