Les économies mondiales sont surendettées depuis des années. A cela est venue s'ajouter, l'an passé, une crise sanitaire sans précédent, dont les mesures de quarantaine et les confinements répétés qu'elle a engendrés ont étranglé l'activité. Pour éviter le krach le plus grave de l'après-guerre, les banques centrales et les Etats sont intervenus avec une vigueur extraordinaire. Bilan: un an et demi après l'éclatement de la pandémie, les dommages économiques s'avèrent bien moins lourds que prévu. En ce qui concerne la dette, en revanche...
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Les économies mondiales sont surendettées depuis des années. A cela est venue s'ajouter, l'an passé, une crise sanitaire sans précédent, dont les mesures de quarantaine et les confinements répétés qu'elle a engendrés ont étranglé l'activité. Pour éviter le krach le plus grave de l'après-guerre, les banques centrales et les Etats sont intervenus avec une vigueur extraordinaire. Bilan: un an et demi après l'éclatement de la pandémie, les dommages économiques s'avèrent bien moins lourds que prévu. En ce qui concerne la dette, en revanche...L'Institute of International Finance (IIF) fait autorité en matière de dette des Etats. Dans son rapport sur l'année 2019 publié début avril, il évoquait déjà la très grave détérioration de la dette cette année, provoquée par les mesures sanitaires. Selon lui, la dette mondiale s'est établie, en 2020, à 274.500 milliards de dollars, soit 335% du PIB mondial (somme des biens et services produits en une année). C'est de loin le chiffre le plus élevé jamais atteint, et une hausse historique de 19.500 milliards de dollars par rapport à 2019. L'IIF a comptabilisé les dettes privées (particuliers et entreprises), publiques, et celles du secteur financier. Bien que son ratio d'endettement soit le seul à être inférieur à ce qu'il était en 2007, avant la crise bancaire, tous les économistes n'accordent pas la même importance à cette dernière catégorie. Les autres, surtout la dette publique, sont en hausse.La dette publique a atteint 123,9% du PIB dans les pays occidentaux matures, contre 124,2% en 1946, au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Nul doute que ce (triste) record sera pulvérisé cette année. Quant à la dette publique des émergents, elle n'était "que" de 62,5% en 2020 (46,9% en 1946). Pourtant, nul n'évoque l'urgence d'une plus grande orthodoxie budgétaire. A la Maison Blanche, un grand dépensier (Joe Biden) en a remplacé un autre (Donald Trump). Que ce soit outre-Atlantique ou chez nous, dérapage des dépenses et économies ne font toujours pas bon ménage. Certes, l'économie mondiale signe une croissance de l'ordre de 6% cette année. Mais qu'en sera-t-il après 2022? Rappelons que la croissance n'a cessé de ralentir depuis la crise bancaire. Certes aussi, la politique accommodante des banques centrales s'est traduite par des taux d'intérêt ultra-bas sur les emprunts publics, à telle enseigne que malgré l'emballement de la dette nominale, le coût de la dette des pays du G-7 est passé de 2% en 2005 à 1,5% aujourd'hui. Tout cela passe donc très au-dessus de la tête des marchés. Les résultats boursiers demeurent très bons. L'inflation fait baisser les coûts réels. Reste qu'en cas de (forte) hausse des taux et/ou de (net) ralentissement de la croissance, la situation pourrait bien déraper. C'est pourquoi les métaux précieux seront longtemps encore un des thèmes de base du portefeuille modèle.