Ces derniers mois et semaines, les difficultés rencontrées par la Chine ont ramené à l'avant-plan la situation de l'économie mondiale. Ce lien n'est pas dénué de sens, dans la mesure où la Chine, portée par une croissance spectaculaire ces dernières décennies, était devenue la deuxième économie mondiale. La Chine n'est pas (encore) " cruciale " pour la croissance de l'Union européenne (UE) et des Etats-Unis, mais son essoufflement n'est pas sans conséquences pour certains pays asiatiques tels que le Japon et la Corée du Sud.
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Ces derniers mois et semaines, les difficultés rencontrées par la Chine ont ramené à l'avant-plan la situation de l'économie mondiale. Ce lien n'est pas dénué de sens, dans la mesure où la Chine, portée par une croissance spectaculaire ces dernières décennies, était devenue la deuxième économie mondiale. La Chine n'est pas (encore) " cruciale " pour la croissance de l'Union européenne (UE) et des Etats-Unis, mais son essoufflement n'est pas sans conséquences pour certains pays asiatiques tels que le Japon et la Corée du Sud. Cela dit, la problématique de croissance mondiale n'est pas neuve : elle était sur la table avant le ralentissement de la croissance de la Chine. Ces dernières années, le scénario s'est représenté systématiquement : les économistes et les stratèges du FMI, de la Banque mondiale et des grandes banques (d'affaires) internationales commencent l'année avec des prévisions de croissance en hausse, pour réduire ensuite la voilure en cours d'année. Ce ne fut pas différent en 2015. Ces mêmes économistes étaient convaincus que l'économie mondiale serait à même d'atteindre l'objectif de croissance de 3% cette année. Ces dernières semaines pourtant, les opérateurs ne cessent de revoir cette prévision à la baisse. La plupart des institutions sont actuellement autour de 2,5%, ce qui correspond au rythme de croissance de 2012, 2013 et 2014. La croissance de 3% est cette fois annoncée pour... 2016.Dans les faits cependant, la croissance stagne depuis déjà quatre ans et nous ne nous approchons plus des rythmes de croissance de la période 2000-2007 (avant la crise financière, donc), cinq années marquées par une croissance mondiale de 4,5 à 5%. Malgré les milliers de milliards d'euros ou de dollars de soutien des banques centrales. Au sein de la zone euro également, le rétablissement de la croissance du 2etrimestre est manifestement resté inférieur aux prévisions des économistes. Ou comme l'a si bien formulé Schroders : 'stuck in second gear'. Le redressement économique de la zone euro reste, autrement dit, bloqué en deuxième vitesse.Les banquiers centraux à l'oeuvre L'analyse de l'évolution économique et financière des cinq dernières années démontre cependant que croissance en demi-teinte ne signifie pas forcément contreperformance des marchés boursiers. C'est même plutôt le contraire. Les perspectives de croissance des Etats-Unis sont également en baisse, ce qui apaise les craintes d'une succession de relèvements de taux par la Federal Reserve. La Banque centrale européenne a déjà indiqué, par l'intermédiaire de Mario Draghi, que l'organisme interviendrait en cas de prévisions inférieures de croissance et d'inflation. Attendons-nous à de nouvelles mesures de soutien, donc. La BCE pourrait p. ex. relever le montant mensuel (actuellement de 60 milliards EUR) consacré au rachat d'obligations d'Etat et/ou reporter l'échéance du programme de rachat (pour l'heure prévue à septembre 2016). A l'évidence, un retour à la normale de la politique monétaire n'est pas imminent au niveau mondial.