Quel bilan tirer de l'année 2018 pour l'économie suédoise et la SEK?

L'électeur suédois reproche aux sociaux-démocrates d'avoir compromis la sécurité sociale par leur politique de la "porte ouverte". L'enseignement a quitté le sommet des classements internationaux; les inégalités se creusent et les temps d'attente, dans les soins de santé, sont de plus en plus longs. La sphère politique promet, certes, plus d'argent pour le volet social et un allégement de la fiscalité sur les pensions. Mais la formation du gouv...

L'électeur suédois reproche aux sociaux-démocrates d'avoir compromis la sécurité sociale par leur politique de la "porte ouverte". L'enseignement a quitté le sommet des classements internationaux; les inégalités se creusent et les temps d'attente, dans les soins de santé, sont de plus en plus longs. La sphère politique promet, certes, plus d'argent pour le volet social et un allégement de la fiscalité sur les pensions. Mais la formation du gouvernement traîne en longueur: trois mois après les élections, les négociations sont au point mort.Sur le plan économique, pourtant, la Suède se porte toujours très bien. Le pays est riche et le chômage, presque inexistant (sauf parmi les migrants). Le budget est excédentaire depuis trois ans. Le gouvernement a ramené la dette publique à 40% du produit intérieur brut. Mais la devise ne profite pas de ces excellentes performances, elle qui a cédé près de 20% face à l'euro sur ces cinq dernières années. En cause, principalement: l'atonie des taux d'intérêt.Pays exportateur (bois et produits du bois, fer, électricité, automobile), la Suède est particulièrement sensible aux tensions que peut subir le commerce mondial - comme c'est le cas actuellement et comme cela le sera sans doute, plus intensément encore, en 2019. Quelle que soit sa composition, il est très possible que le prochain gouvernement ait à gérer une récession. Les ménages se sont considérablement endettés ces dernières années. Il est vrai que le taux directeur est demeuré extrêmement bas, et même négatif (-0,5%). La Riksbank vient, en cette fin d'année, de relever le taux, de 25 points de base seulement, à -0,25%. En conséquence, la couronne, qui s'échangeait récemment à un peu plus de 10,40 SEK pour un euro environ, vaut un peu plus actuellement, mais le cours demeure proche du plus bas de ces neuf dernières années. Le taux directeur est négatif depuis le début de 2015 déjà. Le récent relèvement est de trop faible importance pour inciter à investir en couronne. Seul un coupon élevé pourrait constituer un argument mais là aussi, les espoirs semblent vains. De nombreuses institutions financières ont renoncé à proposer des obligations en SEK, dont le rendement est si bas qu'elles n'intéressent plus personne.