La Chine est l'acteur dominant de l'industrie sidérurgique et contrôle indirectement la demande de minerai de fer. En 2020, le pays a réalisé des investissements à grande échelle dans les infrastructures en vue d'accélérer la reprise d'une économie victime de la pandémie. Ces travaux d'infrastructure ont nécessité de grandes quantités d'acier et donc, de minerai de fer. Mais l'offre de la matière première a été déficitair...

La Chine est l'acteur dominant de l'industrie sidérurgique et contrôle indirectement la demande de minerai de fer. En 2020, le pays a réalisé des investissements à grande échelle dans les infrastructures en vue d'accélérer la reprise d'une économie victime de la pandémie. Ces travaux d'infrastructure ont nécessité de grandes quantités d'acier et donc, de minerai de fer. Mais l'offre de la matière première a été déficitaire, la production brésilienne ayant elle aussi souffert de la pandémie. Si les besoins en acier/minerai de fer ont diminué récemment, c'est parce que la Chine a dû se résoudre à moins soutenir les nouvelles infrastructures, pour concentrer ses moyens sur la grave pénurie d'électricité à laquelle elle fait face en raison d'une offre insuffisante de charbon. La production chinoise d'acier, qui est très gourmande en énergie, recule depuis juillet. La débâcle d'Evergrande explique en partie ce recul. Si ce géant chinois de l'immobilier s'effondre, c'est l'ensemble du secteur qui pourrait en pâtir.Par ailleurs, la fabrication d'acier au pays du Soleil levant représente plus de 15% des gaz à effet de serre qu'il émet. Ainsi ferme-t-il les sites les plus anciens et les plus polluants. Pour en décourager la production, il a également introduit une taxe sur l'exportation d'acier. Pour autant, la Chine a toujours besoin d'énormément d'acier. Elle en consomme plus de 900 millions de tonnes par an. L'été dernier, pour la première fois en 11 ans, elle est devenue un importateur net d'acier. En cette phase estimée finale de la pandémie, il est permis de croire que, avec la réouverture des économies, les investissements en infrastructures s'intensifieront à nouveau et donc, que la demande d'acier ne s'effondrera pas. Le cours actuel (120 dollars) de la tonne de minerai est toujours très élevé, dans une perspective historique; en 2016, par exemple, il n'était que de 40 dollars, et juste avant la pandémie, de 75 dollars. Les géants comme Rio Tinto ou BHP Billiton, qui déboursent en moyenne moins de 20 dollars (avant impôts) pour produire une tonne de minerai, ne se plaignent pas de son prix.