Les investisseurs ont fait/font face à une correction boursière généralisée. Comme chaque fois, les observateurs doivent trouver un coupable. Ils sont nombreux à incriminer les évolutions géopolitiques. Ukraine, bande de Gaza, Irak : les conflits ne manquent pas. Les images choc qui nous parviennent de ces pays sont révoltantes. Il semble donc à nouveau que le monde est à feu et à sang, que les tensions entre Est et Occident s'intensifient. En bref : que le monde ne tourne pas dans le bon sens.
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Les investisseurs ont fait/font face à une correction boursière généralisée. Comme chaque fois, les observateurs doivent trouver un coupable. Ils sont nombreux à incriminer les évolutions géopolitiques. Ukraine, bande de Gaza, Irak : les conflits ne manquent pas. Les images choc qui nous parviennent de ces pays sont révoltantes. Il semble donc à nouveau que le monde est à feu et à sang, que les tensions entre Est et Occident s'intensifient. En bref : que le monde ne tourne pas dans le bon sens.La lecture de l'ouvrage " La grande convergence : l'Asie, l'Occident et la logique d'un seul monde " (" The Great Convergence "), signé Kishore Mahbubani, nous a heureusement permis de relativiser la situation. Cet ancien diplomate et ambassadeur, actuellement recteur à la Lee Kuan Yew School of Public Policy de l'université nationale de Singapour, avait déjà alimenté les débats avec des ouvrages tels que " Can Asians Think ? " ou encore " The New Asian Hemisphere "), dont les titres ne laissent planer aucun doute quant à l'optimisme de leur auteur à l'égard du progrès. En 2012, l'homme a été classé parmi les dix plus grands penseurs au niveau mondial.Une classe moyenne en plein essorSelon Mahbubani, rien ne sert de se concentrer sur les conflits quotidiens : il convient de considérer les tendances de long terme. Or celles-ci sont à n'en point douter positives. Le premier constat rassurant réside dans le nombre de victimes des conflits, qui n'a jamais été aussi faible que depuis que des statistiques sont tenues. Alors qu'en 2010 à peine 0,3 personne mourait pour 100.000 lors de conflits armés, au 19e siècle, elles étaient encore 70. Un deuxième constat est la baisse constante de la pauvreté dans le monde. Entre 2000 et 2010, le nombre de personnes vivant dans une pauvreté extrême a diminué de 22%. Autre évolution : la population mondiale est de mieux en mieux formée. La proportion de personnes vivant dans les pays en voie de développement sachant lire et écrire a triplé au cours des cent dernières années (de 25 à 75%). Année après année, le nombre d'universitaires atteint un nouveau record.Or toutes ces évolutions sont liées à l'essor de la classe moyenne. Au niveau mondial, pour être comptabilisé parmi cette classe moyenne, il faut percevoir un revenu journalier moyen compris entre 10 et 100 USD (corrigé selon le pouvoir d'achat). Au cours des trente dernières années surtout, à ce niveau, on note une évolution spectaculaire, portée par l'Asie, où la classe moyenne a doublé en 20 ans. Selon un article de l'OCDE, à l'horizon 2020, un membre de la classe moyenne sur deux devrait être d'origine asiatique. Cette évolution revêt également une importance essentielle pour la stratégie d'investissement que nous appliquons au portefeuille. Nous y reviendrons dans notre prochain numéro (IB-34B).