Sous l'impulsion des actions FANG (Facebook, Amazon, Netflix et Google), l'indice des valeurs technologiques Nasdaq a atteint un nouveau record historique au début de cette année. La valeur boursière conjointe de ces quatre entreprises a culminé à un peu plus de 2.300 milliards de dollars. Cela faisait longtemps que le reste du marché ne pouvait plus suivre ce rythme infernal. La hausse a reposé sur une base particulièrement étroite. Nous dénoncions déjà la formation d'une bulle technologique l'an dernier. Début février, le quatuor a commencé à peser lourdement - et dans le sens négatif - sur l'indice Nasdaq. En deux mois, la valeur boursière des quatre actions FANG a baissé de plus de 300 milliards, à moins de 2.000 milliards de dollars. L'indice NYSE Fang+, créé dernier, est un peu plus large. Outre les quatre valeurs précitées, il comprend également Apple, Alibaba, Baidu, Nvidia, Tesla et Twitter. Cet indice a subi une correction d'environ 15% depuis son sommet.
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Sous l'impulsion des actions FANG (Facebook, Amazon, Netflix et Google), l'indice des valeurs technologiques Nasdaq a atteint un nouveau record historique au début de cette année. La valeur boursière conjointe de ces quatre entreprises a culminé à un peu plus de 2.300 milliards de dollars. Cela faisait longtemps que le reste du marché ne pouvait plus suivre ce rythme infernal. La hausse a reposé sur une base particulièrement étroite. Nous dénoncions déjà la formation d'une bulle technologique l'an dernier. Début février, le quatuor a commencé à peser lourdement - et dans le sens négatif - sur l'indice Nasdaq. En deux mois, la valeur boursière des quatre actions FANG a baissé de plus de 300 milliards, à moins de 2.000 milliards de dollars. L'indice NYSE Fang+, créé dernier, est un peu plus large. Outre les quatre valeurs précitées, il comprend également Apple, Alibaba, Baidu, Nvidia, Tesla et Twitter. Cet indice a subi une correction d'environ 15% depuis son sommet. Plus se maintient une surperformance par rapport au marché élargi, plus la probabilité est élevée que les investisseurs souffrent de vertige. La longue période de volatilité historiquement basse des marchés d'actions a pris fin au début de cette année. L'optimisme induit par la croissance économique, associé à la réduction des stimuli monétaires, a déclenché une remontée des taux d'intérêt à court et à long terme. A un moment donné, le marché ne pouvait plus ignorer les valorisations très élevées des valeurs technologiques. Depuis que le sentiment s'est inversé, les prétextes pour opérer des prises de bénéfices ne manquent pas. Et sur un marché suracheté, les événements s'enchaînent très vite. Les valeurs FANG n'ont pas toutes reculé pour de mêmes raisons. La correction qui a fait le plus grand bruit est celle subie par Facebook. L'entreprise britannique Cambridge Analytica a pu exploiter les données personnelles de millions d'utilisateurs de Facebook en vue d'influencer la campagne électorale de Donald Trump. Le directeur de Facebook, Mark Zuckerberg, a fait amende honorable, mais en Bourse, le mal était fait. Aussi la réglementation sur la protection des données personnelles sera-t-elle durcie, et assortie d'amendes très lourdes. Avec une position de trésorerie de plus de 40 milliards dollars, Facebook n'a certes aucun souci à se faire dans l'immédiat. Il est plus difficile d'anticiper les répercussions de cette affaire sur le modèle économique de l'entreprise. Selon Zuckerberg, rien ne suggère à ce jour que les utilisateurs tournent massivement le dos au réseau social. Il n'est cependant pas improbable que certains annonceurs le fassent. La croissance du nombre d'utilisateurs ralentit depuis plusieurs trimestres et est, pour l'instant, compensée par la hausse des tarifs publicitaires. Mais rien ne dit que Facebook pourra continuer à augmenter ses prix, après ce scandale. Google (Alphabet) est confronté fondamentalement aux mêmes problèmes de sécurité que Facebook. Le modèle économique des deux géants de la technologie est d'ailleurs très similaire. Tant Facebook que Google sont des entreprises publicitaires qui veulent rentabiliser leur base d'utilisateurs auprès des annonceurs. Mais Google le fait depuis bien plus longtemps que Facebook, et est plus intégré dans la vie des internautes. Il est beaucoup plus difficile aux utilisateurs d'Internet de se passer de Google que de Facebook: Google Chrome, Google Maps, Google docs et YouTube, pour ne citer qu'eux, sont omniprésents tant dans la sphère privée que professionnelle. Pour l'instant, Google échappe encore aux critiques, mais des "dommages collatéraux" semblent inévitables. Amazon subit les foudres de Donald Trump. Le président estime que la position d'Amazon est trop dominante et déstabilise le marché. Il est également d'avis que l'entreprise paie trop peu d'impôts. Mais selon les observateurs, c'est surtout avec le directeur d'Amazon, Jeff Bezos, qu'il est en guerre. Ce dernier est également le propriétaire du Washington Post, un journal que déteste le président. Les tweets de Trump à l'encontre d'Amazon ont en tout cas déjà coûté plusieurs milliards de capitalisation boursière au géant. La correction subie par Netflix est notamment liée à sa valorisation. Les cash-flows disponibles de l'entreprise sont toujours négatifs. C'est également le cas de Tesla, qui a perdu environ un tiers de sa valeur de marché depuis septembre dernier. Les chiffres de production de la Model 3 restent systématiquement en deçà des promesses. Il n'en a d'ailleurs jamais été autrement avec les autres modèles. Pendant de nombreuses années, Wall Street a ignoré les nombreux retards et l'incapacité de Tesla à satisfaire aux prévisions. Mais le sentiment du marché est peu à peu en train de changer. Si Tesla veut continuer à justifier sa valorisation actuelle, des progrès sont indispensables. Bien que son action ait corrigé, l'entreprise ne nous convainc toujours pas. Chez Apple, les dégâts sont relativement limités. Contrairement à la plupart des autres actions du secteur, sa valorisation n'est pas excessive. Pourtant, Apple n'est pas exempte de problèmes, avec notamment l'essoufflement de la croissance du marché des smartphones. Sa division Services est certes en plein essor, mais son poids reste insuffisant pour contrebalancer le recul de la croissance dans le segment de l'iPhone. Par ailleurs, la croissance prévisionnelle du chiffre d'affaires (CA), de 5%, est bien maigre.Ne dramatisons surtout pas la correction. Celle-ci n'enlève rien au caractère exceptionnel de l'ascension des cours opérée ces dernières années. Dans l'ensemble, les performances réalisées l'an dernier également sont positives. La décennie écoulée a conditionné les investisseurs à acquérir les actions dès qu'elles se replient. Cette stratégie "buy the dip" a d'ailleurs été presque toujours payante. Les fiches FANG ci-dessous révèlent que la plupart des analystes ont, en dépit de la récente correction, fixé pour ces actions, à l'exception de Netflix, un objectif de cours pour les douze prochains mois nettement supérieur à leur cours actuel. Il semble donc que les récentes mauvaises nouvelles ne se traduisent plus par des baisses des cours, dans le secteur. Il se pourrait dès lors que la correction soit terminée ou le soit bientôt, et même que les FANG battent à nouveau leurs records. Quoi qu'il en soit, comme pour les marchés en général, nous considérons le net repli récent des actions FANG comme un avertissement: toute envolée des cours doit inciter l'investisseur à réduire progressivement ses positions devenues trop importantes. Dans le secteur techno, cela vaut en particulier pour Facebook et Tesla Motors.