Après le championnat d'Europe de football et le Tour de France, tous les regards se tourneront bientôt vers le Japon, où auront enfin lieu les emblématiques Jeux olympiques, retardés d'un an par suite de la pandémie.
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Après le championnat d'Europe de football et le Tour de France, tous les regards se tourneront bientôt vers le Japon, où auront enfin lieu les emblématiques Jeux olympiques, retardés d'un an par suite de la pandémie.La troisième puissance économique de la planète a cependant perdu de son éclat; de nombreux économistes qualifient même le Japon de "comateux". Tout d'abord, parce que la croissance est poussive et que le pays connaît régulièrement de (légères) récessions. Deuxièmement, il souffre d'une déflation chronique (soit une baisse des prix moyens) et donc, d'une inflation qui reste faible, ce qui dessert sa consommation intérieure, les nouveaux achats étant en effet reportés dans l'attente d'une baisse des prix.Le principal coupable, bien sûr, est le vieillissement démographique. Aujourd'hui, 28% de la population nippone est âgée de plus de 65 ans et l'espérance de vie des femmes japonaises atteint 87 ans. L'on dénombre déjà au Japon 70.000 centenaires, un record mondial. Le pays compte deux personnes actives pour un retraité, ce qui freine son développement économique. En outre, le taux de natalité est faible, à environ 1,5 enfant par femme, alors que 2,1 enfants sont nécessaires pour renouveler la population. Autre fait marquant, 14% des Japonaises ne sont pas mariées à 50 ans et le concept de "mère célibataire par choix" n'est pas ancré dans les mentalités. L'archipel a atteint un pic démographique en 2010, avec 128,5 millions d'habitants. Dix ans plus tard, ils sont 2 millions de moins (126,5 millions) et, en 2050, 109 millions d'habitants seulement devraient peupler le pays du Soleil levant. Le coût des prestations de santé et des soins aux personnes âgées a déjà doublé entre 1990 et 2020, passant de 11 à 22% du produit intérieur brut (PIB).Les investisseurs étrangers, principalement, ont perdu confiance dans la Bourse nippone. Ils ont vendu pour 43 milliards de dollars d'actions japonaises l'année dernière. Les indices n'en ont pas été affectés outre mesure, car la Banque du Japon rachète depuis plusieurs années non seulement des obligations, mais aussi des actions, et est donc indirectement le principal actionnaire de nombreuses entreprises. En 2020, Warren Buffett a jeté son dévolu sur bon nombre de titres japonais, séduit par les faibles valorisations des actions nippones par rapport à leurs pendantes américaines. Leur ratio moyen cours/valeur comptable est en effet inférieur à 2, contre plus de 4 pour l'indice vedette américain S&P 500. Du fait de cette faible valorisation, et parce que la Banque du Japon place de facto un plancher sous les cours par ses achats systématiques, une petite position en actions japonaises peut s'envisager à titre de diversification du portefeuille. La meilleure approche consiste cependant à acheter un tracker.