L'événement s'est étalé sur cinq semaines, plus une sixième consacrée au décompte: les élections parlementaires indiennes, organisées tous les cinq ans, requièrent une organisation énorme. Il faut dire qu'avec 900 millions d'électeurs, le pays est la plus grande démocratie au monde. Onze millions de personnes sont nécessaires pour encadrer le scrutin. Dont l'issue a réservé quelques surprises.
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L'événement s'est étalé sur cinq semaines, plus une sixième consacrée au décompte: les élections parlementaires indiennes, organisées tous les cinq ans, requièrent une organisation énorme. Il faut dire qu'avec 900 millions d'électeurs, le pays est la plus grande démocratie au monde. Onze millions de personnes sont nécessaires pour encadrer le scrutin. Dont l'issue a réservé quelques surprises.Tout comme la fois précédente, les marchés financiers ont de quoi se réjouir: le Sensex, le principal indice boursier du pays, a atteint un nouveau record, proche des 40.000 points. Il n'avait franchi le cap des 30.000 points qu'au printemps 2017; lors des élections précédentes, il flirtait avec les 25.000 points. C'est la deuxième fois également que le charismatique ministre-président Narendra Modi, du parti nationaliste BJP, emporte le scrutin haut la main. La communauté des investisseurs semble assez positive à l'égard de Modi et donc, de l'Inde. Les prévisions de croissance pour ce sous-continent, dont la population, assez jeune, compte 1,2 milliard de personnes, affiche il est vrai une croissance de 7 à 8% en moyenne depuis cinq ans, ce qui est supérieur à celle des autres pays BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine).La tendance s'est en réalité amorcée il y a une dizaine d'années déjà. La Bourse se porte nettement mieux et, surtout, affiche une évolution plus constante, que celles des autres pays BRIC. Exprimé en dollar, un investissement dans la Bourse indienne a produit, sur les 10 dernières années, un rendement (cours + dividendes) de 122%, soit 8,3% par an en moyenne, contre 86% pour les actions russes, 55% pour les chinoises et -10% pour le Brésil.Pour autant, le tableau n'est pas sans défauts. En termes d'infrastructures par exemple, l'Inde n'est pas encore très avancée, en particulier par rapport à la Chine - c'est là aussi que réside la différence entre une économie d'Etat planifiée (Chine, sous Mao Zedong) et une démocratie (Inde). Le potentiel demeure par conséquent gigantesque. La croissance économique devrait passer de 7,2% en 2018 à 7% cette année: ce n'est pas ce léger recul qui empêchera l'Inde de continuer à afficher des chiffres de croissance qui comptent parmi les plus élevés au monde.L'indice Sensex a donc, une fois encore, applaudi à la victoire de Modi. Reste que la conjoncture, et la croissance supérieure à la moyenne, valent aux actions d'être plus chèrement valorisées: à 25 fois les gains moyens pour 2018 et 20 fois ceux escomptés pour 2019, mais aussi 3,1 fois la valeur comptable et 2,8 fois le chiffre d'affaires moyens, la Bourse est nettement plus onéreuse que celles des autres marchés émergents. L'investisseur qui souhaite miser d'une manière générale et à long terme sur le potentiel de l'Inde (après une correction, de préférence), peut se tourner vers le tracker Lyxor ETF MSCI India (17,375 euros; Euronext Paris; ticker: INR; code ISIN: FR0010361683).