Les dernières statistiques sur l'embauche aux Etats-Unis semblent confirmer l'embellie. Si l'augmentation ne présage pas encore de revirement monétaire, elle apaise cependant le milieu bancaire. On peut dès lors se demander pourquoi Wall Street a chuté vendredi dernier. C'est que deux rapports ont été publiés, l'un par la Banque centrale américaine (Fed), l'autre par sa collègue britannique. On y découvre nombre de choses inquiétantes.
...

Les dernières statistiques sur l'embauche aux Etats-Unis semblent confirmer l'embellie. Si l'augmentation ne présage pas encore de revirement monétaire, elle apaise cependant le milieu bancaire. On peut dès lors se demander pourquoi Wall Street a chuté vendredi dernier. C'est que deux rapports ont été publiés, l'un par la Banque centrale américaine (Fed), l'autre par sa collègue britannique. On y découvre nombre de choses inquiétantes.Insolvabilité des grandes banquesLes deux rapports font état de l'insolvabilité d'une majorité des grandes banques. Le résultat des tests de résistance qu'elles ont récemment endurés est alarmant. Les banques telles Banco Santander, Citigroup, HSBC et Royal Bank of Scotland sont non seulement sous-capitalisées mais croulent aussi sous leurs créances insolvables. La Fed n'entrevoit d'ailleurs pas d'autre solution que la confiscation partielle de l'épargne pour les renflouer ! La Banque d'Angleterre, pour sa part, se dit incapable de préciser comment il faudra s'y prendre lors du prochain dérapage financier. Aucune de ces deux banques centrales n'émet toutefois l'idée de revenir à la séparation des activités spéculatives.Certaines grandes banques utilisent déjà les dépôts pour financer leurs activités douteuses. On se rappellera à cet égard l'affaire de " la baleine de Londres " dont JPMorgan continue de payer le prix, qui a intégralement été financée par des dépôts garantis par la FDIC américaine. Les tribulations financières du secteur bancaire chinois qui font la une des journaux actuellement ne sont pas étrangères aux pratiques douteuses des banques occidentales.Plusieurs d'entre elles ont en effet mis à profit les largesses de leur banque centrale pour spéculer en Chine, essentiellement dans l'immobilier et les matières premières. Elles y ont investi pour plus de 1.200 milliards de dollars (USD) et ont contribué au déséquilibre de nombreuses banques chinoises, leur correspondantes. Les autorités chinoises ont régulièrement tenté de stopper ces activités. Elles ont plusieurs fois laissé s'envoler le taux interbancaire. La panique restait cependant de courte durée et les opérations déséquilibrantes reprenaient de plus belle.Nouvelle tactique chinoiseDepuis le mois passé, les autorités chinoises ont changé de tactique. Elles ont décidé de laisser choir la valeur du yuan (CNY) par rapport à l'USD. Les autorités ont annoncé un plan de relance économique pour un montant de 5.000 milliards USD environ. Les banques occidentales espèrent que leurs correspondantes profiteront d'une partie de cette enveloppe, pour quelque 2.000 milliards, ce qui permettrait aux grandes banques de conserver leurs positions spéculatives intactes. Les autorités ont malheureusement annoncé que cet argent n'était pas destiné à renflouer les banques. HSBC, Lloyds et Standard Chartered paniquent déjà. Leurs carry trades risquent de se solder par de lourdes pertes.Le revers des sanctions européennesAu même moment, la Russie envisage d'interdire l'utilisation du dollar pour le règlement de ses exportations. Le pays diminuera l'utilisation du billet vert dans ses opérations commerciales internationales. Les banques ne pourront accepter que des roubles (RUB) d'ici peu. Le RUB a bondi de 1,4% en avant face à l'euro (EUR) la semaine passée. L'Occident commence à subir le revers des sanctions absurdes qu'il a imposées. Depuis l'effondrement financier de la Grèce et de Chypre, plusieurs entreprises russes s'apprêtaient à reprendre certains secteurs économiques de ces pays à leur compte. Les chemins de fer russes, par exemple, voulaient reprendre leurs collègues grecs. Malheureusement, le président de la société russe figure parmi les personnes malvenues en Occident. La reprise n'aura donc pas lieu maintenant, compliquant les affaires grecques.Danger de déflationLa Banque centrale européenne (BCE) a décidé de ne rien entreprendre dans l'immédiat. Son président, Mario Draghi, a de nouveau annoncé que la Banque se tenait prête à toute éventualité. Personne ne sait cependant comment elle agira. Or le danger de déflation augmente partout. Les milieux financiers prédisent que la BCE achètera des emprunts d'Etat directement sur le marché secondaire - il est interdit à la BCE de le faire sur le marché primaire, donc d'acheter des nouvelles émissions, ce qui correspondrait à un soutien direct des Etats. L'EUR a perdu 0,4% face à l'USD. Ses taux d'intérêt se sont légèrement raidis, tout comme ceux des autres devises.Recul du dollar et de la livreL'USD n'a pas bénéficié de l'embellie des statistiques sur l'emploi. Il a perdu une partie du terrain en fin de semaine. La livre (GBP) a cédé 1% suite à l'assombrissement des nouvelles conjoncturelles. Les devises liées aux matières premières se sont de nouveau raffermies, quoique de façon moins prononcée que la semaine précédente. La chute des prix laitiers a pesé sur le dollar néo-zélandais (NZD) qui a cédé 1% alors que son homonyme australien gagnait 0,5%.Redressement de la lire L'annonce de la fusion probable des deux cimentiers européens, Lafarge et Holcim, a influencé le cours de leurs obligations sur le marché des capitaux. Les titres au nom de Lafarge ont gagné en moyenne 2%, tandis que ceux d'Holcim se tassaient de 1%. Comme la semaine passée, les émetteurs russes ont poursuivi leur remontée. Ils ont quasiment tous effacé leurs pertes des semaines antérieures. Les émetteurs turcs se sont redressés de 2% en moyenne après les résultats électoraux. La lire (TRY) a bondi de 2,9% en avant. Moment idéal pour clôturer les positions n'enregistrant pas trop de perte de change.Les banques continuent d'inonder le marché primaire avec leurs nouvelles émissions. On remarquera toutefois la propension des coupons variables, prémonitoires d'une hausse prochaine des taux d'intérêt. La Banque européenne d'investissement (AAA, supranationale) augmente toute une série de ses emprunts en TRY. A l'exception de celle au coupon de 8,5%, les autres sont trop chères. Nous vous renvoyons aux alternatives ci-dessus. N'oubliez pas que l'échelle des taux d'intérêts en TRY est inversée : les durées courtes rapportent plus que les longues.Nouvelle deviseKfW (AAA, avec garantie de l'Allemagne) en rand sud-africain (ZAR) est correcte et convient à quiconque ayant une perte de change à recouvrer. Les deux émissions en AUD sont correctes. Nous ne sommes pas acheteurs de titres bancaires. La Banque Mondiale (AAA, supranationale) lance une nouvelle devise, le kwacha zambien (ZMW) qui vaut environ 11 centimes d'euro. L'émission est de courte durée, même pas un an et demi, et porte un coupon semestriel. Son rendement fait 11,17%. L'emprunt est de petite envergure, à peine 75 millions de ZMW, soit 8,9 millions EUR. Il sera difficilement négociable. Les règlements s'effectuent en USD, ce qui lui confère un risque de change double. Ne convient que pour la diversification.