L'action du numéro 1 des édulcorants à base de feuilles de stévia est suspendue depuis le 28 octobre. En cause: l'absence de rapport annuel pour l'exercice décalé 2018/2019 (30 juin). Le report fut annoncé le 20 septembre, après que l'audit annuel eut révélé des erreurs d'évaluation des stocks. Les nouveaux calculs devaient avoir une incidence de 30 millions de dollars tout au plus, sur un inventaire de 112,2 millions fin 2018. Mais le 25 octobre, on a...

L'action du numéro 1 des édulcorants à base de feuilles de stévia est suspendue depuis le 28 octobre. En cause: l'absence de rapport annuel pour l'exercice décalé 2018/2019 (30 juin). Le report fut annoncé le 20 septembre, après que l'audit annuel eut révélé des erreurs d'évaluation des stocks. Les nouveaux calculs devaient avoir une incidence de 30 millions de dollars tout au plus, sur un inventaire de 112,2 millions fin 2018. Mais le 25 octobre, on apprenait que le rapport ne serait pas prêt dans les délais légaux. La cotation fut immédiatement suspendue. Pour la direction, il n'est pas question de fraude et l'endettement restera inchangé (103,5 millions de dollars au 31 décembre 2018). Le 14 novembre, l'audit révélait une surestimation cumulée des stocks de 23 millions de dollars répartie sur les exercices 2018 et 2019, voire 2017. Pire: des opérations comptables posent question. Le CEO et actionnaire principal (8,3%) Magomet Magsagov a été remplacé - le directeur financier (CFO) avait déjà démissionné. Si fraude il y a, ses répercussions sur les chiffres ne sont pas encore claires, et il n'est pas à exclure que des immobilisations incorporelles doivent être dépréciées. Les changements au sein du conseil d'administration, dont la nomination de représentants des principaux actionnaires, ainsi que d'un administrateur indépendant formé en comptabilité et en gouvernance, se sont succédé depuis la mi-novembre. Les nouveaux CEO et CFO ont été nommés fin janvier. L'assemblée générale annuelle des actionnaires s'est tenue le 10 février, sans rapport audité. Ce document devrait être présenté dans les 90 jours, après quoi nous espérons une levée de la suspension. Sans chiffres et sans avis des banques, toute estimation est difficile, mais il est probable que l'action chutera à la reprise des échanges, d'autant que la réduction systématique des ambitions de croissance ces dernières années avait déjà miné la confiance. En annonçant une nouvelle baisse du chiffre d'affaires (-4,7%, à 125 millions de dollars), les résultats provisoires pour 2018/2019 n'ont rien arrangé. Ceci dit, l'ordre, au sommet, a été rétabli. Nous ne tournerions donc pas encore le dos à PureCircle, dont le profil de risque a toutefois nettement augmenté. A conserver (rating 2C).