En janvier, le prix du baril de pétrole brut a augmenté pour le cinquième mois consécutif. Tant le Brent (pétrole de la Mer du Nord) que le WTI (sa variante américaine; West Texas Intermediate) ont atteint le mois dernier leur niveau de prix le plus élevé depuis fin 2014, respectivement à 71 et 67 dollars. La semaine dernière, nombre d'investisseurs ont acté leurs bénéfices, une réaction qui était prévisible, dans la mesure où le pétrole était techniquement "suracheté". En outre, le nombre de positions longues en cours au sein des...

En janvier, le prix du baril de pétrole brut a augmenté pour le cinquième mois consécutif. Tant le Brent (pétrole de la Mer du Nord) que le WTI (sa variante américaine; West Texas Intermediate) ont atteint le mois dernier leur niveau de prix le plus élevé depuis fin 2014, respectivement à 71 et 67 dollars. La semaine dernière, nombre d'investisseurs ont acté leurs bénéfices, une réaction qui était prévisible, dans la mesure où le pétrole était techniquement "suracheté". En outre, le nombre de positions longues en cours au sein des fonds à levier avait augmenté, pour atteindre un niveau historique. Ces deux éléments ont rendu le pétrole vulnérable à une correction, dont l'ampleur n'est, elle, bien sûr jamais prévisible. L'évolution du dollar aussi joue un rôle important. Ce n'est pas un hasard si le cours du pétrole remonte alors que l'indice dollar n'a plus été aussi faible depuis trois ans. Fondamentalement, sur le marché mondial du pétrole, deux forces sont à l'oeuvre: les pays de l'Opep et la Russie appuient sur le frein tandis que les Etats-Unis et d'autres producteurs de pétrole non-membres du cartel desserrent les vannes. La hausse des prix s'est amorcée à l'automne dernier, après que l'Opep et la Russie se sont entendus sur le maintien, jusque fin 2018, du niveau de production quotidien actuellement réduit. Leur objectif est de rééquilibrer l'offre et la demande, et d'alléger les stocks. La manoeuvre est plus onéreuse et longue que prévu, mais commence à porter ses fruits: si les stocks de brut augmentent généralement au cours de cette période de l'année (entretien des raffineries), cette fois, ce n'est pas le cas.Du fait de la décote du WTI par rapport au Brent, la part de marché des Etats-Unis en Asie augmente. Tôt ou tard, cela posera inéluctablement un problème aux membres de l'Opep et à la Russie - qui, en limitant leur production, concèdent en somme des parts de marché aux Américains. Difficile de prévoir qui réagira le premier. Cette année, et plus encore à compter du second semestre, l'on peut s'attendre à ce que la spéculation sur le prolongement ou la fin de la limitation de la production d'or noir augmente.Le scénario le plus probable est que le pétrole s'échange cette année dans une nouvelle fourchette de prix, de 60 à 70 dollars, avec des mouvements sporadiques dans l'une ou l'autre direction. Une appréciation durable au-delà des 70 dollars semble difficile, dans la mesure où la production pétrolière des pays non-membres de l'Opep devrait augmenter cette année de 1,7 million de barils par jour. Un repli vers les 50 dollars est également peu probable à présent que l'offre et la demande approchent de l'équilibre.