Contrairement à 2020, 2021 fut un excellent cru pour les matières premières, portées par les plans de relance monétaires et budgétaires, une demande accrue et une offre restreinte. L'indice Bloomberg Commodity a gagné près de 28%, le Dow Jones Commodity, 31%.
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Contrairement à 2020, 2021 fut un excellent cru pour les matières premières, portées par les plans de relance monétaires et budgétaires, une demande accrue et une offre restreinte. L'indice Bloomberg Commodity a gagné près de 28%, le Dow Jones Commodity, 31%.L'énergie, principale lauréate de 2021, a profité d'une demande en hausse et d'une offre toujours limitée: pour éviter l'excédent, l'Opep+ ajuste ses quotas de production avec parcimonie. Les tensions géopolitiques latentes ont globalement épargné le pétrole. Les cours du brut, mais aussi ceux des produits dérivés (essence, fioul domestique...), ont bondi. Si le gaz est absent du Top 5, c'est que les dérivés se basent sur le marché américain du gaz naturel (Nymex), qui n'a gagné "que" 30%, à l'inverse du marché européen (TTF).L'an dernier, le café est sorti de l'étroite fourchette dans laquelle il avait évolué entre 2015 et 2020, atteignant même son plus haut niveau en 10 ans début décembre. La baisse de la demande, corollaire redouté des fermetures de restaurants, ne s'est pas produite. Le Brésil, premier producteur de café, a connu une sécheresse exceptionnelle et de fortes gelées, qui ont bridé la production. En novembre, le coton a atteint son plus haut niveau depuis 2011. Les Etats-Unis, troisième producteur (derrière l'Inde et la Chine) et premier exportateur mondial de coton, ont moins produit du fait de la sécheresse au Texas. Le conflit sino-américain a aussi tiré les prix vers le haut.Les perdants de 2021 furent presque tous des métaux précieux. Le platine et le palladium ont souffert de la baisse d'activité dans le secteur automobile (40% et 80% de la demande, respectivement). Après un déficit en 2019 et 2020, l'offre de platine a été excédentaire en 2021. Sur le marché, illiquide, du palladium, la baisse des cours s'explique aussi par l'inversion des positions des investisseurs spéculatifs. L'or et l'argent n'ont pas bénéficié des taux d'intérêt réels négatifs (taux nominaux moins inflation) et ont dévissé, surtout l'été, lorsque la Fed a signalé pour la première fois un allègement de son soutien.